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La Grèce antique
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La  Grèce est à l’origine de notre musique occidentale.

 

 

Sommaire de ce chapitre

 

1 Les instruments de musique     

-        à cordes

-        à vent 

-        à percussion

-        L’invention de l’orgue

2 La théorie de la musique

- La gamme de Pythagore

- Le système musical grec

3 Quelques extraits musicaux

 

 

 

Les instruments de musique

 

On y trouve, comme dans les autres civilisations antiques, l’usage de la voix ainsi que les 3 familles d’instruments :

 

-  les instruments à cordes

-  les instruments à vent

-  les instruments à percussion

L’archéologie a permis de constater, notamment dans les fouilles crétoises, la présence entre 4 000 et 2 000 avant J.-C. d’instruments de musique tels que l’aulos double ou la harpe triangulaire, cette dernière détrônée ultérieurement par la lyre et la cithare.

 

 

Les instruments à cordes

 

Le premier instrument à corde des grecs  est la LYRE.
La lyre est un instrument qui comportait  3, 5 ou 7 cordes  et dont la caisse de résonance était constituée d’une carapace de tortue et d'une peau de bœuf tendue. Les cordes étaient en tendons.

 

 

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Dyonisos jouant du Barbitos

 

Le BARBITOS est une forme particulière de lyre, qui  était jouée par Alcée, Sappho et leurs disciples.  Il était aussi associé au culte de Dionysos.

 

 

 

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Femme couronnée jouant de la cithare
Figure de Tanagra
IIIème siècle avant J.-C.

 

 

La lyre s’est ensuite transformée en CITHARE (joué par les citharèdes), qui a vu le nombre de cordes  monter jusqu’à 15 et même 18.
La caisse de résonance est une caisse en bois prolongée par des bras coudés souvent en ivoire. Le reste est comparable à la lyre.

 

De nombreux autres  instruments ont été réalisés par les grecs à partir des lyres et des cithares.

 

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Femme jouant
de la harpe trigone.
100-50 avant J.C.

 

 

 

La HARPE  est un instrument très ancien hérité des égyptiens.  Les Grecs en ont pratiqué plusieurs variétés, qu’ils désignaient souvent de façon générique par le mot psalterion.

 

 

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Le SAMVIKE, est une sorte de harpe antique de forme triangulaire, avec 4 cordes inégales.

 

 

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Le TRIGONON, qui signifie triangle, est une harpe très ancienne que l’on trouvait en 2800 avant J.-C.
(Ici, Terpsichore, muse de la danse, jouant du trigonon).

 

 

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Le PANDORE est un instrument à 3 cordes, qui rappelle le luth : il se joue avec un plectre et la hauteur de la note est obtenue en déplaçant la main gauche sur les cordes. Il est aussi appelé le TRICHORDE.

 

 

 

 

Les instruments à vent

 

Le principal instrument à vent des grecs  est l’AULOS  (joué par les aulètes), qui est un instrument à  deux chalumeaux en roseau. Contrairement aux flûtes, c’est un instrument à anche (lamelle que fait vibrer le souffle du musicien). Celle-ci est faite de paille ou de roseau.

 

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Tout comme la lyre, l’aulos a évolué pour créer d’autres instruments :<
L’ascaule qui est un aulos équipé d’une outre gonflée d’air, comme les cornemuses ou binious actuels.
Le monaule qui est un aulos à un seul chalumeau.

 

Enfin, un grec d’Alexandrie, nommé Ctésibios, a inventé l’orgue qui s’appelait alors l’hydraulos,  en réunissant plusieurs monaules à un clavier et en les alimentant avec de l’air comprimé créé par une colonne d’eau.

 On utilisait également des variétés de flûtes sans lamelle vibrante, qui pouvaient comporter un ou plusieurs tubes  comme la syrinx, ou flûte de Pan.

 

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On retrouve la lyre et l’aulos sur cette fresque étrusque du 5ème siècle avant J.C.

 

 

 

Les instruments à percussion

 

Les sistres

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Les sistres sont constitués de pièces métalliques qui s’entrechoquent

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Joueur de sistre,

sur un vase minoen,

entre 2000 et 1500 ans avant J.-C.

 

Les tympanums

Il s’agit de tambourins, constitués d’un cercle de bois couvert de peaux tendues sur les 2 côtés au moyen d’un lacet.

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Bacchante jouant du tympanum

 

 

Les 

 

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Déesse au crotale   Lekythos

crotales

 

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Satyre, jouant des crotales

… et les cymbales

 

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Les crotales  sont des instruments à percussions de la famille des castagnettes

 

 

 

 

L’invention de l’orgue

 

C’est Ctésibios d’Alexandrie, au 3ème siècle avant JC, qui construisit le premier type d’orgue connu appelé Hydraule, nom formé d’hydros (eau) et d’aulos, instrument à vent  que nous avons vu précédemment. On l’appelle aussi orgue hydraulique. En effet, cet instrument utilisait une colonne d’eau pour assurer une pression d’air continue pour alimenter ses tuyaux. 

 

L’hydraule mettait en œuvre plusieurs des nombreuses inventions de Ctésibios, en particulier : le piston, la soupape, le clavier,  ainsi que le principe d’élasticité de l’air permettant d’obtenir de l’air comprimé.

La configuration générale d’un orgue est la suivante :

 

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Chaque tuyau, de longueur différente, correspond à une note.

Le sommier permet de diriger l’air fourni par la soufflerie vers le tuyau (la note) sélectionné par le clavier.

 

On retrouve ces éléments dans l’hydraule sous la forme suivante :

 

Sommier et clavier :

 

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A chaque tuyau est associé un tiroir dans le sommier, actionné par une touche du clavier. Ce tiroir en se déplaçant autorise ou non l’accès de l’air dans le tuyau.

 


Soufflerie :

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L’air est introduit dans la cloche à l’aide de la pompe, actionnée manuellement.

La colonne d’eau dans laquelle est immergée la cloche, assure dans celle-ci une pression continue.

 

Dans la pratique, l’hydraule comportait 2 pompes actionnées manuellement, et pouvait ressembler à ceci :

 

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La théorie de la musique

 

Les grecs ont aussi été les premiers théoriciens de la musique.  C’est Pythagore (572 av. J.C.)  et ses disciples (dont Philolaos de Crotone, Damon d’Athènes et Hippase de Métaponte)  qui découvrirent le rapport  entre les sons et les nombres et  créèrent les premières théories d’un système musical de 7 notes.

 (En fait,  les égyptiens  utilisaient déjà une gamme de 7 notes qu’ils avaient associées aux 7 planètes).

 

Les grecs utilisaient  un système de notation instrumentale utilisant 15  signes spéciaux  et un système de notation vocale utilisant les 24 lettres de l’alphabet ionien. Il y avait aussi des signes de durée placés au-dessus des syllabes.  Ces notations étaient néanmoins peu utilisées, car la musique se transmettait surtout de manière orale , de sorte que très peu de « partitions » sont arrivées jusqu’à nous.

 

Les grecs ont également défini et codifié des rythmes qui ont été utilisés dans toute l’histoire de la musique, jusqu’à nos jours.

 

La gamme de Pythagore

 

Pythagore est connu pour son fameux théorème, mais il s’est aussi beaucoup intéressé à la musique, et comme il aimait beaucoup les chiffres, il a étudié les rapports numériques des longueurs de corde vibrante, qu’il a associés aux notes de la gamme.

 

Le son d’une corde vibrante, pour une tension donnée,  est liée à sa longueur, dont dépend sa fréquence de vibration.

Lorsqu’on fait varier la longueur, donc la fréquence de la corde, dans un rapport 2, on obtient des sons séparés d’un octave.

Exemple (voir figure ci-dessous) :  DO 1  devient DO 2 lorsqu’on diminue la longueur de la corde par 2, donc lorsqu’on multiplie sa fréquence de vibration par 2.

Si on multiplie encore la fréquence par 2 , on obtient DO 3, et ainsi de suite.

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Lorsqu’on fait varier la longueur de la corde dans un rapport de 1,5 (soit 3/2) on obtient la quinte :

On obtient ainsi la suite de quintes Fa, Do, sol, ré, la, mi, si.

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En divisant ensuite les fréquences des notes de la gamme n°2 par 2 et celles de la gamme n°3 par 4, etc …, on obtient toutes les notes de la gamme diatonique n° 1 :

 

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Si on continue de multiplier par 3/2 les fréquences à partir de la note si, on obtient successivement : fa#, do #, sol#, ré# …

Et si l’on continue de diviser par 3/2 les fréquences de note à partir de FA, on obtient successivement sib, mib, lab … 

 

Le système musical grec

 

Pythagore a découvert les rapports numériques des intervalles consonnants, de  ¾  pour la quarte, 2/3  pour la quinte et ½ pour l’octave.

Les grecs ne connaissaient pas l’harmonie ni la polyphonie. Leur musique est purement mélodique.

 

Les notes

Les notes avaient pour noms :

 

Hypàtê

Parhypàtê

Lichanos

Mésê

Paramésê

Tritê

Paranêtê

Nêtê

 

Elles ne correspondaient pas à la hauteur précise des sons mais aux positions des cordes dans l’accord de la lyre.

 

Le tétracorde

La base du système musical grec est le tétracorde formé par la succession de 4 sons conjoints et dont les 2 extrêmes (notes fixes) sont à un intervalle de quarte (2 ½ tons).

Les notes intermédiaires occupent des positions variées selon le genre du tétracorde :

 

- Genre diatonique  (½ ton, ton , ton)

- Genre chromatique (½ ton , ½ ton , 1 ½ ton)

- Genre enharmonique (¼ ton, ¼ ton, 2 tons)

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Deux tétracordes sont disjoints s’ils sont séparés d’un ton : ils constituent l’octave :

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Deux tétracordes sont conjoints si la quatrième note du premier coïncide avec la première du second.

 

Les systèmes

On définissait les systèmes de notes suivants :

 

- Système parfait mineur : 3 tétracordes conjoints + 1 note à la partie grave  =  11 notes

- Système parfait majeur : 4 tétracordes conjoints 2 à 2 avec un ton de disjonction au centre+ 1 note à la partie grave  =  15 notes ou 2 octaves.

- Système parfait invariable : association des 2 systèmes majeur et mineur = 16 notes.

 

Les modes

En fonction de la position des tons et demi-tons, on définit 7 modes, qui sont, en se basant sur le système parfait majeur mi-mi :

 

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A chacun de ces modes, on attachait une signification expressive différente (ethos) : par exemple, le mode dorien donnait force et courage, le mode phrygien exprimait l'ivresse et la passion, le mode hypodorien portait à la joie, le mode myxolydien passait pour être pathétique.

 

 

 

La notation

La plus ancienne notation musicale connue date de la Grèce du 3e siècle av. J.-C. Elle consiste à indiquer les notes par des lettres placées au-dessus des mots du chant, comme on peut le voir sur l'exemple ci-contre.

Pour plus d'informations sur la notation grecque, voir l'excellent article de Claire Tuan sur son site :


Les pierres qui parlent.

 

 

Extraits musicaux

 

 

 

 

 

Ce compact disc réunit les fragments épars de la musique grecque antique que l’on a pu retrouver, et qui sont datés de 500 av. JC jusqu’au 3ème siècle ap. JC.



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Je vous propose d’en écouter de courts extraits :

 

 

 

 

 

 

 

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