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La période classique (1)
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I  Introduction - Les formes musicales

II  Les compositeurs classiques

III Les instruments classiques

 

 

Sommaire de ce chapitre

 

 

Introduction

 

Le classicisme concerne une période d’environ 70 ans, de 1750 à 1820, qui suit la période baroque et  précède le romantisme auquel il est souvent opposé.

Cette période est dominée par ce que certains nomment «la sainte triade» du classicisme viennois : Haydn, Mozart et Beethoven.

Remettant en cause la complexité de la musique baroque, par ses polyphonies et ses ornements,  ils ont créé un style plus simple, associant clarté, mesure et équilibre.

 

Concernant les formes musicales, la période classique voit le triomphe de la forme sonate que l’on retrouve dans la sonate proprement dite mais également dans les quatuors, les concertos et les symphonies. Ces nouveaux genres musicaux seront utilisés pendant tout le 19ème siècle et encore au 20ème siècle.

L’opéra italien quant à lui est remis en question par Gluck, puis par Mozart.

 

Cette époque voit aussi les musiciens moins dépendre de mécènes et accéder à une certaine indépendance. C’est Mozart qui ouvre la voie en ce sens.

 

Sturm und Drang

 

Bien que le classicisme soit opposé au romantisme, on y trouve parfois l’expression de passions, influencée par le mouvement littéraire allemand  «Sturm und Drang» (Orage et passion) qui prônait la supériorité des passions sur la raison. C’est le cas en particulier dans certains quatuors et symphonies de Haydn ainsi que dans des opéras de Gluck et de Mozart.

Les caractéristiques du Sturm und Drang sont :

-        Rythmes féroces et diversifiés

-        Utilisation fréquente du  mode mineur (et de la dimension affective correspondante).

-        Goût pour le clair obscur, les sonorités feutrées, les effets étranges

-        Récupération du contrepoint à des fins expressives.

 

 

 

Les nouvelles formes musicales

 

La musique Instrumentale

 

Les principaux genres musicaux de la période classique sont, outre l’opéra, la symphonie, la sonate, le quatuor à cordes et le concerto, tous 4 de structures comparables composées de 3 ou 4 mouvements, et utilisant généralement les formes sonate et rondo.

La forme sonate

 

La forme sonate classique  repose sur l’utilisation de 2 tonalités et un découpage en 4 parties principales :

 

-        Exposition de 2 thèmes dans des tonalités différentes (par exemple tonalité majeure principale pour le 1er thème et tonalité de dominante correspondante pour le 2ème thème, ou tonalité mineure pour le thème principal et tonalité majeure relative pour le 2ème thème)

-        Développement (variation) des 2 thèmes précédents.

-        Réexposition des 2 thèmes dans la tonalité principale.

-        Puis coda pour conclure.

 

On retrouve cette forme sonate dans la plupart des premiers mouvements des œuvres de musique de chambre  et des symphonies de l’époque classique, puis de l’époque romantique.

Mais rien de systématique bien sur, les compositeurs ayant toute liberté,  et en usant largement …

 

Voici un exemple de forme sonate : Le 1er mouvement de la 5ème symphonie de Beethoven :


d'après LvB and More : The Daily Beethoven

 

 

 

La forme Lied

 

La forme Lied est une structure à 2 thèmes A-B-A, suivis d’une Coda. Chacun des thèmes A et B  pouvant être lui-même simple ou de structure a-b-a’.

 

 

 

Le menuet et le scherzo

 

Dans les sonates, symphonies et œuvres de musique de chambre classiques, le 3ème mouvement (quelquefois le 2ème) est souvent constitué d’un menuet ou d’un scherzo.

 

Nous avons rencontré le menuet dans les suites et partitas de la musique baroque.

Comme la danse dont il est originaire, le menuet-baroque se caractérise par un rythme à 3 temps dans lequel le premier temps est nettement  marqué. Il présente alors une structure binaire, organisé en 2 parties avec reprise,  de la forme AABB,  suivie d’un double de même forme CCDD, appelé trio. Ce trio doit son nom au fait qu’au temps de Lully, il était écrit à trois voix,  contrastant avec le 1er menuet par une orchestration plus légère et un caractère souvent plus mélodique.

 

A l’époque classique,  le menuet baroque s’intègre aux nouvelles formes classiques telles que la sonate, le quatuor, la symphonie, sous le nom de menuet-trio, en évoluant dans sa forme. Il devient ternaire avec reprise, de la forme menuet/trio/menuet : AABB-CCDD-AB.

 

Voici  à titre d’exemple, le menuet de la petite musique de nuit de Mozart :

 

 

 

A partir de Beethoven le menuet est souvent remplacé par un scherzo.

 

Le terme de scherzo (de l’italien « plaisanterie ») était déjà utilisé par Monteverdi pour désigner des pièces de style léger à trois voix avec instruments, mais c’est Beethoven qui crée le scherzo moderne en l’introduisant dans ses œuvres à la place du menuet.

Le scherzo est de forme analogue au menuet mais est plus rapide et plus vif  que celui-ci. Il peut aussi prendre des formes plus complexes, par exemple :menuet-trio1-menuet-trio2-menuet-coda.

 

Le scherzo deviendra  une pièce à part entière avec les romantiques tels que  Chopin, Brahms, puis plus tard avec Stravinsky, le plus célèbre scherzo du 19e siècle étant sans doute « L’apprenti sorcier » de Paul Dukas.

 

 

 

La forme rondo

 

La forme rondo est une structure à plusieurs sections dont l’une revient épisodiquement, ce que l’on peut schématiser par A-B-A-C-A.

Les  «épisodes»  B et C, sont généralement dans des tonalités différentes de celle de A, qui est jouée chaque fois dans la tonique.

Un rondo peut avoir une structure plus complexe dans la mesure où chaque épisode (B, C) peut lui-même prendre une forme complexe (de type X-Y-X par exemple).

 

La forme rondo est couramment utilisée dans les derniers mouvements de sonates, quatuors, concertos et symphonies.

 

Exemple de  rondo : Le 3ème  mouvement de la sonate n° 8 «pathétique»  de Beethoven :


d'après LvB and More : The Daily Beethoven

(Le 3ème mouvement débute à 15’07’’)

 

 

La forme  « thème et variations »

 

Cette forme consiste en l’exposé d’un thème, suivi de variations sur ce thème obtenues selon divers procédés dont :

-        Ajout de fioritures mélodiques et rythmiques, et superpositions contrapunctiques.

-        Modification d’éléments du thème (mélodiques, harmoniques, rythmiques).

-        Transformation radicale du thème en isolant et amplifiant ses cellules mélodiques.

 

Exemple de  thème et variations : Le 1er mouvement de la sonate n° 12 «marche funèbre»  de Beethoven :


d'après LvB and More : The Daily Beethoven

 

 

 

La sonate

 

Le terme de sonate a d’abord été utilisé à l’époque baroque pour désigner des œuvres purement instrumentales fort différentes les unes des autres (sonata da chiesa en 4 mouvements, sonata da camera en suite de danses). Pour Scarlatti, le terme désignait des pièces courtes, isolées, écrites pour le clavecin.

 

A l’époque classique, apparait la sonate dite «d’école» dont la forme la plus académique comporte 3 mouvements :

-        Un premier mouvement vif de forme sonate.

-        Un deuxième mouvement lent de forme A-B-A (forme «Lied»), c'est-à-dire comportant un premier thème, une partie centrale libre (développement ou 2ème thème)  et la reprise du 1er thème suivie d’une coda.

-        Un troisième mouvement de forme rondo.

 

Cette configuration  est en fait rarement utilisée de manière aussi rigoureuse, les compositeurs utilisent assez souvent en lieu et place de l’un des mouvements décrits, une autre forme musicale : Haydn et Mozart ont souvent utilisé pour le 3ème  mouvement la forme sonate à la place de la forme rondo. De même, on peut rencontrer  la forme «rondo» ou la forme «thème et variations» pour le 2ème ou le 3ème mouvement.

 

Parmi les plus belles sonates classiques, citons :

Mozart : Les sonates pour piano n° 8, 14, 16, 17, la sonate pour violon et piano K526

Beethoven : Les sonates pour piano n° 8 (pathétique), 14 (Clair de lune), 17 (la tempête), 21 (Waldstein), 23 (appassionata), 26 (Les adieux), 29 (Hammerklavier), les sonates pour violon n°5 «printemps», n°9 «à Kreutzer».

 

Quelques extraits musicaux

Mozart : Sonate pour piano n° 8 (début)

Beethoven : Sonate pour violon et piano n°9 «A Kreutzer» (extrait du 1ermvt)

(début)

(début du 3ème mvt)

 

 

 

Le quatuor à cordes

 

On considère que le quatuor à cordes a été inventé par Haydn. Il est issu de la sonate à quatre de l’époque baroque dans laquelle la basse continue a été abandonnée, et dans laquelle on a introduit la forme sonate.

 

Le quatuor à cordes classique est donc une œuvre à 4 voix jouée par la formation musicale du même nom  composée de 2 violons, un alto et un violoncelle.

 

Le quatuor Modigliani.JPG

Il comprend généralement 4 mouvements :

-        1er mouvement de forme sonate

-        2ème mouvement, lent, de forme A-B-A (lied), ou sonate, ou thème et variations.

-        3ème mouvement, constitué d’abord d’un menuet avec Haydn, puis d’un scherzo avec Beethoven.

-        4ème mouvement de forme rondo

 

Haydn a écrit 68 quatuors, dont on distingue :

-        Les 6 quatuors de l’opus 20, qui ont la particularité, inhabituelle à l’époque, d’être en mineur et qui s’inscrivent dans le mouvement «Sturm und Drang»

-         Les 6 quatuors opus 33, qu’Haydn, au moment de leur publication en 1781, annonce «d'un genre tout à fait nouveau et particulier"».

-        les 6 quatuors opus 76 publiés en  1797 qui atteignent un sommet dans l’art du quatuor.

 

Mozart, très impressionné par l'opus 33 de Haydn, lui dédia  une série de 6 quatuors : K.387, K.421, K.428, K.458 «La chasse», K.464 et  K.465 «les dissonances».

 

Beethoven commença tardivement, à près de 30 ans, à écrire des quatuors, peut-être intimidé par ses prédécesseurs Haydn et Mozart qui avaient atteint un  sommet dans cet art.

Il en écrira en tout 17 jusqu’à la fin de sa vie. Ses 6 derniers quatuors, son œuvre ultime, furent en quelque sorte son testament musical.

 

Le trio avec piano

 

Le trio Gourdjia.JPG

Le trio avec piano réunit généralement un piano, un violon et un violoncelle.

Il a la même structure en 3 mouvements que le quatuor et a fait l’objet de belles compositions de Mozart et de Beethoven.

Il sera plus tard également très prisé par les musiciens des 19ème et 20ème siècles tels que Schubert, Schumann, Mendelssohn, Brahms, Ravel …

 

Le début du trio avec piano n° 7 «Archiduc»

Par Artur Rubinstein, Jascha Heifetz et Emanuel Feuermann, en 1941.

 

 

 

Le concerto

 

Vers la fin du XVIIIe siècle, alors que la symphonie prend naissance en Allemagne, le concerto grosso tombe en désuétude et le concerto de soliste commence une nouvelle carrière en intégrant  de nouvelles formes musicales, telle la forme sonate qui se combine avec l’introduction orchestrale héritée de l’opéra.

 

Le concerto est généralement constitué de 3 mouvements :

 

1)  Le premier mouvement est de la forme concerto : Cette forme se distingue de la forme sonate par l’introduction orchestrale, dans laquelle tout ou partie des thèmes sont exposés mais restent dans la tonique. Le soliste réexpose ensuite les thèmes dans leurs diverses tonalités.

Le premier mouvement se termine par une cadence. Il s’agit d’une partie où le soliste joue seul, sans orchestre. La cadence était improvisée au XVIIIème siècle mais par la suite, les compositeurs ont préféré l’écrire, pour être surs de ne pas être trahi par l’interprète.

Malgré cela, certains interprètes-compositeurs se sont permis d’écrire des cadences sur des œuvres d’autres compositeurs.

 

En voici quelques exemples :

 

 

Par Busoni (pianiste et compositeur) :   Cadence  pour le concerto N°23 K488 de Mozart

(cette cadence a été préférée à celle de Mozart par Hélène Grimaud dans son dernier enregistrement du Concerto n°23 de Mozart).

 

Par  Kreisler (violoniste et compositeur) :   Cadence pour le concerto pour violon de Beethoven
(c’est la plus jouée).

 

D’autres cadences pour le concerto pour violon de Beethoven :

Joachim, Kreisler, Auer&Heifet : http://www.youtube.com/watch?v=zugjNK9DPpE

Bell, Shoji, Milstein : http://www.youtube.com/watch?v=N2NGw9WVfVU

Schnitke, Cardenas, Beethoven : http://youtu.be/7wI3vWdLCIw

 

 

Janine Jansen, en concerto.JPG

2)  Le 2ème mouvement, lent, est de forme A-B-A ou de forme sonate. Si les 1er et 3ème mouvements mettent en valeur la virtuosité de l’interprète, le 2ème doit mettre en valeur son expression et son lyrisme.

3)  Le 3ème mouvement est le plus souvent de la forme rondo, mais peut-être aussi de la forme sonate ou thème et variations.

 

 

Parmi les plus fameux concertos de l’époque classique, on peut citer :

-        De Haydn, le concerto pour trompette, les 2 concertos pour violoncelle

-        De Mozart, les concertos pour piano n° 9 et  20 à 27, le concerto pour clarinette, le concerto pour flute et harpe.

-        De Beethoven,  les 5 concertos pour piano et le concerto pour violon.

 

Quelques extraits musicaux

Haydn : Concerto pour trompette (début du 3ème mouvement)

Mozart : Concerto pour clarinette (début du 2ème mouvement)

Mozart : Concerto pour piano n°21
(2ème mouvement) par Monique Haas :

Mozart : Concerto pour piano n°23 (début du 2ème mouvement)

Beethoven : Concerto pour piano n°4 (début du 3ème mouvement)

Beethoven : Concerto pour piano n°5 «L’empereur» : ouverture

 

 

 

 

La symphonie

 

Joseph Haydn (1732-1809) est généralement considéré comme le père de la symphonie, bien que l’invention en soit attribuée à l’école de Mannheim.

 

L’école de Mannheim

 

Stamitz.JPG

On considère que la symphonie classique fut inventée par l’école de Mannheim, fondée par J Stamitz, qui a lui-même composé de nombreuses symphonies.

Stamitz est célèbre pour avoir formé un orchestre de réputation internationale, apprécié pour ses fameux crescendos et diminuendos.

Parmi les innovations pratiquées par l'Ecole de Mannheim, les plus célèbres sont :

— L’utilisation du crescendo (on fait de l'Ecole de Mannheim l'inventeur du crescendo orchestral).

— L’Opposition entre les deux thèmes de l'Allegro de forme sonate du 1er mouvement : le premier souvent rythmique avec des accents de fanfare et le second thème le plus souvent cantabile confié aux cordes.

— L’introduction du menuet : De rythme ternaire, de forme A-B-A, il abandonne le caractère solennel de la suite de danse dont il est issu, pour devenir un mouvement léger séparant le 2ème mouvement, lent, de l’allegro final.

 

La symphonie classique de Haydn

 

Haydn.JPG

Outre l’école de Mannheim, Joseph Haydn a été précédé dans la symphonie par les écoles de Milan avec Sammartini, de Paris avec Gossec, et de Vienne avec Weigenseil. Il est néanmoins considéré comme le père de la symphonie car c’est lui qui lui a donné la forme classique qu’on lui connait.

Cette forme comporte 4 mouvements :

-        1er mouvement allegro (rapide) de forme sonate

-        2ème mouvement andante (lent)

-        3ème mouvement, constitué d’un menuet qui évoluera ensuite vers un scherzo

-        4ème mouvement (final) allegro ou presto (rapide).

Haydn a écrit plus de 100 symphonies, mais c’est avec Mozart (qui en a écrit 41) et surtout Beethoven (avec 9 symphonies) que la symphonie a acquit ses véritables lettres de noblesse. Elle est devenue l’œuvre la plus importante d’un compositeur qui y met toute sa science et toute son âme, ce qui explique  qu’elles soient généralement si peu nombreuses dans son œuvre.

 

Parmi les plus belles symphonies de l’époque classique, on peut citer :

 

De Mozart : Les dernières symphonies : la 35 «Haffner», la 36 «Linz»,  la 38 «Prague», la 39, la 40, la 41 «Jupiter»

De Beethoven : La 3ème «héroïque», la 5ème «du destin», la 6ème «pastorale», la 7ème «apothéose de la danse», la 9ème «ode à la joie».

 

Quelques extraits musicaux

Haydn : Symphonie n°82 «l’ours» (extrait du 4ème mouvement)

Mozart : Symphonie n° 25  (début du 1er mouvement)

Mozart : Symphonie n° 40  (début du 1er mouvement)

Beethoven : Symphonie n°5 (début du 1er mouvement) 

Beethoven : Symphonie n°6 (début du 1er mouvement) 

Beethoven : Symphonie n°7 (début du 2ème mouvement) 

Beethoven : Symphonie n°9 (fin du 1er mouvement) 

Beethoven : Symphonie n°9 (extrait du 4ème mouvement) 

 

 

 

La symphonie concertante

 

La symphonie concertante, est en fait un concerto  pour plusieurs instruments, ayant le même style et la même structure que la symphonie. On en trouve chez Haydn (sa symphonie n° 105 est une symphonie  concertante pour violon, violoncelle, hautbois, basson et orchestre) et chez Mozart (Symphonie concertante pour violon, alto et orchestre en mi bémol majeur, K. 364).

 

 

 

La musique lyrique

 

L’évolution de l’opéra

 

Rappelons d’abord, afin d’y voir plus clair, quelques définitions :

 

Le terme opéra seria désigne un opéra de tradition et de langue italienne pratiqué au XVIIIe siècle.

Son caractère est noble et «sérieux»,  par opposition à l'opéra-bouffe, et il répond à des règles musicales et dramatiques bien précises. Dans l’opéra seria, la virtuosité vocale, en particulier des castrats, était souvent portée à son extrême.

L’opéra seria se compose d’une succession d’arias (airs) et de récitatifs (parlés-chantés) intercalés, avec plusieurs chœurs et morceaux d’ensemble. On appelle arioso une forme intermédiaire entre l’air et le récitatif.

 

L’opéra buffa (opéra bouffon en français) est né des intermèdes divertissants joués en entractes des opéras seria. Il est de forme plus libre que l’opéra seria, avec des mélodies plus simples et plus populaires. (Exemple : «la Serva Padrona » de Pergolèse).

 

Le terme d’opéra bouffe n’apparait que plus tard, au 19ème siècle avec Offenbach, pour désigner des opéras légers de style parodique ou satirique. (Exemples : «La belle Hélène» et «Orphée aux enfers» d’Offenbach).

 

Le terme opéra comique, utilisé uniquement par les français,  désigne  à l’origine une forme de théâtre lyrique où les dialogues parlés alternent avec les scènes chantées. Il s’applique donc généralement aux opéras comportant des scènes parlées. En fait, la grande période de l’opéra-comique français proprement dit est la seconde moitié du XVIIIe siècle et le début du XIXe.

 

Le Singspiel est la version allemande de l’opéra comique. (Exemples : «l’enlèvement au sérail» et «la flûte enchantée» de Mozart).

 

La réforme de l’opéra

 

Après avoir écrit de nombreux opéras dans le style italien, Gluck, compositeur allemand, décide à 50 ans de réagir contre la «déchéance»  de l’opéra seria italien qui privilégie la virtuosité des chanteurs au détriment du livret et de la musique.

Les principaux changements sont :

-        Suppression du prologue allégorique, remplacé par une ouverture orchestrale qui prépare l’atmosphère de l’action.

-        Suppression de la basse continue au clavecin, pour privilégier  l’orchestration.

-        Suppression des «arias da capo», airs  d’opéra caractérisés par la reprise de la première partie de l'air, où le chanteur faisait valoir sa virtuosité en improvisant des ornementations plus ou moins fantaisistes.

-        Réduction de la part du ballet pour mieux l’intégrer au drame.

 

Cette réforme donna lieu à une querelle (rappelant la querelle des bouffons), qui vit s’affronter l’opéra rénové de Gluck et l’opéra italien de Piccinni. Les 2 compositeurs s’affrontèrent en écrivant chacun un opéra sur le même thème, «Iphigénie en Tauride», qui confirma la supériorité de Gluck sur son rival.

 

 

 

 

Ecoutez un extrait d’Orphée et Eurydice de Gluck

(Maria Callas)

 

 

Orphée et Eurydice par Pina Bausch.JPG

 

L’opéra de Mozart

On retrouve chez Mozart, les formes d’opéras citées ci-dessus :

5 Opéras serias dont Mitridate, ré di ponto (1770),  Idoménée, roi de Crête (1781), La Clémence de Titus (1791)

7 opéras bouffes dont 2 inachevés  (pouvant toutefois contenir des éléments «sérieux») dont  La Finta giardiniera (1774), Les noces de Figaro (1786), Don Giovanni (1787), Cosi fan tutte (1790),

5 Singspiel dont Zaïde (1779), L’enlèvement au sérail (1782), La flûte enchantée (1791)

 

Quelques extraits d’opéras de Mozart

Cosi fan tutte : Come Scoglio immoto resta (Elina Garanca)

Don Giovanni : Finch'han dal vino (Peter Mattei)

La flûte enchantée : Air de la reine de la nuit (Natalie Dessay)

 

 

 

L’opéra comique français

 

L’opéra comique, issu du théâtre de foire, est un mélange de comédie et d’opéra, alternant parties chantées et parties parlées. Il se développe en France pour contrecarrer en quelque sorte l’opéra buffa italien.

 

L’opéra comique français du 18ème siècle est représenté principalement par 3 compositeurs :

 

François-André PHILIDOR (1726-1795), de son vrai nom DANICAN. Outre ses talents de musicien, il était un excellent joueur d’échecs pour lesquels il publia d’ailleurs un traité «L’analyse des échecs».

Philidor a composé de nombreux opéras comiques à succès et des opéras d’un genre plus sérieux tels que Tom Jones (1765).

 

Pierre-Alexandre MONSIGNY, (1729-1817) trouva sa vocation de compositeur en assistant à l’opéra bouffe de Pergolèse «la serva padrona». Parmi ses œuvres, on peut citer «le roy et le fermier» (1762) ou encore «Le déserteur» (1769) qui eut un grand succès.

 

André  GRETRY (1741-1813), fils d’un violoniste, trouva sa vocation à l'écoute des opéras bouffes italiens. Il composa une quinzaine d'opéras et plus de quarante opéras-comiques dont il fut le maître du genre en France. On peut citer parmi ses œuvres : Zémire et Azore (1771), L’amant jaloux (1778), et son chef d’œuvre : Richard cœur de lion (1784).

 

 

 

La musique religieuse

 

L’oratorio

 

On a vu naître l’oratorio à la période baroque, avec Carissimi et Rossi, mais surtout avec J.S. Bach (les passions) et Haendel.

L’oratorio est en quelque sorte un opéra religieux caractérisé par l’absence de représentation scénique et la présence d’un récitant souvent extérieur à l’action.

Pendant la période classique, l’oratorio voit s’affirmer son caractère symphonique et choral.

Il est surtout représenté par Haydn avec «La Création»  et «les Saisons»  et, plus accessoirement,  par Beethoven avec «Le Christ au mont des oliviers».

 

Haydn : Extrait de «la Création» : «Que la lumière soit !

 

 

La messe

 

La période classique voit se développer les aspects symphonique et choral, en particulier avec Haydn, suivi par Mozart, Beethoven et Cherubini.

La messe peut être brève (missa brevis), sans gloria ni credo  pour les dimanches ordinaires, ou solennelle (missa solemnis)  pour de plus grandes occasions. L’effectif  vocal et instrumental y est alors plus développé.

 

Les plus belles messes de cette période sont :

-        De Mozart : La messe du couronnement K317, la messe en ut mineur K424,  et le requiem.

-        De Beethoven, la Missa Solemnis op123

-        De Cherubini, la missa solemnis n°2  en ré mineur de 1811.

 

Quelques extraits musicaux

Mozart : «Requiem» : Début du Dies Irae

Beethoven : «Missa Solemnis» : Extrait du Kyrie.

Cherubini : «Missa Solemnis n°2» : Début du Gloria.

 

Voir aussi : La messe, genre musical.

 

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