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La période classique (3)
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I  Introduction - Les formes musicales

II  Les compositeurs classiques

III Les instruments classiques

 

 

Sommaire de ce chapitre

 

 

 

 

Les instruments Classiques

 

Les instruments «star» de l’époque classique sont le piano, la clarinette, mais aussi les voix qui sont au centre de l’opéra, en particulier avec Mozart, soit en soliste, duo, trio … ou en chœurs.

 

Les voix

 

Classement des voix

 

Les voix sont classées en voix de femme et voix d’homme, aigües, moyennes et graves.

Ces voix sont les suivantes :

 

- Les sopranos, ou voix aiguës de femmes et d'enfants.

Exemple : Natalie Dessay, soprano léger colorature,  dans de La flûte enchantée de Mozart

- Les mezzo-sopranos, ou voix moyennes de femmes et d'enfants.

- Les contraltos, (appelés aussi alto) ou voix graves de femmes aux inflexions émouvantes. La tessiture de cette voix était  aussi celle des castrats (jusqu’à la fin du 19ème siècle) et aujourd’hui des haute-contre, ou contre-ténors  

Exemple : Nathalie Stutzmann dans extrait de Mitridate, re di Ponto  de Mozart

- Les ténors, ou voix aiguës d'hommes.

Exemple : David Kuebler, ténor léger,  dans le rôle de Paolino dans de Cimarosa.

- Les barytons, ou voix moyennes d'hommes.

- Les basses, correspondant aux voix graves d'hommes.

Exemple : Kurt Moll, basse profonde,  dans le rôle de Sarastro dans de La flûte enchantée de Mozart

 

On appelle tessiture ou registre de voix  l’échelle de notes qui peuvent être émises par la voix sans effort particulier. Le tableau ci-dessous donne la tessiture pour chaque type de voix.

 

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Les types de voix

 

Selon l’agilité et le timbre, on classe les voix en sous-catégories.

 

Les voix  de soprano sont ainsi de plusieurs types :

Soprano léger très aigüe et virtuose (colorature). Le terme «colorature» désigne  l´agilité, l´aptitude à ce que l’on appelle «pyrotechnie vocale». Ce terme peut s’appliquer non seulement à des sopranos mais aussi à tout autre  type de voix.

Soprano lyrique : plus chaleureux, de tessiture un peu plus grave.

Soprano dramatique  au timbre sombre et au volume puissant.

En fait, on a défini de très nombreux types de soprano en fonction de leurs emplois à l’opéra : Falcon, (du nom d’une cantatrice), lyrique léger, lyrique spinto (lyrique-dramatique),  dramatique d’agilité,  «soubrette», wagnérien, verdien, vériste …

 

On retrouve chez le ténor les mêmes types que pour les sopranos :

-        ténor léger : voix claire et aiguë, aux sonorités douces.

-        ténor lyrique ou de demi-caractère, très utilisé par les compositeurs du XIXe siècle.

-        ténor dramatique (spinto), ou fort-ténor, ou heldentenor (ténor wagnérien), ou ténor noble : large et très puissant.

 

On distingue parmi les voix de baryton :

-        le baryton léger ou baryton Martin proche du ténor,

-        le baryton lyrique,

-        le baryton brillant ou Spiel-baryton,

-        le baryton dramatique ou héroïque.

 

Selon sa tessiture, la voix de basse se divise également en plusieurs types :

-        basse chantante, basse baryton, ou basse taille : proche du baryton dramatique.

-        basse noble, ou basse profonde, ou basse contre : la plus grave.

Selon son rôle théâtral, on distingue aussi la basse sérieuse et la basse-bouffe.

 

Les notes «contre»

 

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Les notes appelées «contre-xx» sont les notes qui dépassent la note normalement la plus élevée du registre, à partir du do4 pour les ténors et du do5 pour les sopranos. (Voir plus haut, le tableau des tessitures).

Par exemple, pour une soprano, le contre-ut correspond au do5, le contre-fa (que l’on entend dans l’air de la reine de la nuit de Mozart) correspond au fa5. Pour un ténor, le contre-ré correspond au ré4.

On utilise le terme de contre-contre lorsque la note dépasse la tessiture de plus d’une octave. Par exemple un contre-contre-ré sera pour une soprano un ré6. (Atteint parait-il en son temps par Mado Robin).

Le terme de contre s’applique aussi aux notes plus basses que la plus basse note du registre normal.

 

 

Le chœur

 

On distingue, selon la nature des choristes composant le chœur, les chœurs d’enfants, chœurs de femmes, chœur d’hommes et chœurs mixtes.

 

Sopranos 1

Sopranos 2

Altos 1 (ou mezzo-sopranos)

Altos 2 (ou altos)

Ténors 1

Ténors 2

Basses 1 (ou barytons)

Basses 2 (ou basses)

Dans ce dernier type, les choristes sont le plus souvent répartis en 4 voix ou pupitres, correspondant au quatuor vocal : sopranos et altos pour les femmes, ténors et basses pour les hommes.

Mais un chœur peut aussi être à plus de 4 voix. Dans ce dernier cas, les pupitres sont divisés en sous-pupitres. On peut ainsi trouver le type de division ci-contre.

 


 

Composition de l’orchestre Classique 

 

L’orchestre classique de Haydn et de Mozart est bâti sur 2 familles principales d’instruments :

Le groupe des cordes constitué d'une douzaine de violons divisés en deux parties, de deux à sept altos, de deux à huit violoncelles et de deux à cinq contrebasses.

Le groupe des bois comportant le plus souvent trois pupitres " par deux " : deux flûtes, deux hautbois et deux bassons.

Avec Beethoven s'ajoutent ensuite percussions et cuivres : timbales, 2 trompettes, 3 trombones, 4 cors, triangle, cymbales, grosse caisse (9ème  symphonie).

 

Orchestre classique type

 

 

Timbales

timbales

 

 

Percussions

Cors

cors

Trompettes

trompettes

Trombones

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Cuivres

Flutes

 

flutes

Hautbois

 

hautbois

Bassons

bassons

Clarinettes

clarinette

 

 

Bois

 

2èmes  violons

violons2

Altos

altos

 

Violoncelles

violoncelles

 

 

 

Cordes

1ers  violons

violons1

Piano

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Contrebasse

contrebasse

 

 

 

NB : Selon le type d’œuvre joué (symphonie, concerto, de tel ou tel compositeur), la disposition de l’orchestre peut-être différente.

 

Instruments à vents

 

La transposition

 

Avant d’aborder les instruments à vent, il est important de bien comprendre la notion de transposition. En effet, beaucoup d’instruments à vent sont dits transpositeurs.

 

La transposition consiste à noter une musique dans une tonalité différente de la tonalité d’origine. Elle peut être utilisée par exemple pour le chant afin d’adapter la musique à la tessiture plus grave ou plus aigüe du chanteur.

 

Un instrument transpositeur est un instrument, généralement à vent, qui joue des notes différentes de celles qui sont écrites. Cela découle de sa conception qui repose sur une note fondamentale différente de do.

Une même famille d’instruments peut présenter des tonalités différentes. Ainsi, on trouve des clarinettes en sib et des clarinettes en mib, ce qui signifie que lorsque la partition indique un do, pour un même doigté, la première jouera un sib et la deuxième un mib.

Les partitions de chacun de ces instruments doivent donc être transposées de sorte que, pour jouer un do, la partition pour la clarinette en sib devra indiquer un ré et celle pour la clarinette en mib un la.

Cela permet ainsi à un instrumentiste de passer aisément  d’un instrument à l’autre en conservant le même doigté.

 

Exemple : voici un extrait de partition transcrite pour un saxophone alto (en mib), accompagné d’un piano (en do, donc). Le morceau est en do majeur et est écrit en la majeur pour le saxophone de sorte qu’un do écrit joue un mib, et qu’un la écrit joue un do.

 

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La première note (fa#) du saxophone alto correspond à un la du piano.

 

 

Les bois

La Flûte traversière

 

Introduite dans l’orchestre par Lully, la flute traversière s’affirme pendant la période classique grâce à ses qualités de son et de virtuosité.

 

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La flûte utilisée pendant la période classique est qualifiée de baroque, par opposition à la flûte moderne qui apparait au 19ème siècle avec le système Böhm.

 

La flûte baroque comporte d’abord une seule clé. Elle évolue au 17ème siècle avec  Jean Hotteterre  ( ?-1678) qui la coupe en 3 morceaux : La tête, le corps et la patte. L’utilisation de corps de rechange permet alors d’adapter la flûte à différents diapasons.

 

 

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Plus tard, le petit fils de jean Hotteterre, Jacques Hotteterre dit le Romain (1674-1763), a composé pour la flûte et publié plusieurs ouvrages spécialisés tels que «L'art de préluder sur la flûte traversière» (1719) et «Principes de la flûte traversière ou flûte d'Allemagne, de la flûte à bec ou flûte douce et du hautbois» (1707).

 

Puis Johann Joachim Quantz (1697-1773), flûtiste et compositeur, ajoute à la flûte une seconde clé. Il fabrique lui-même cet instrument pour lequel il écrit un «Essai d’une méthode pour apprendre à jouer de la flûte traversière».

 

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Par la suite la flûte évolue encore par l’ajout d’autres clés (jusqu’à 8 au début du 19ème siècle).

Outre la flute traversière, ou grande flûte en ut, qui couvre 3 octaves, on trouve aussi à cette époque la  flute piccolo ou petite flûte en ut, deux fois plus courte,  et plus aigue d’une octave. Celle-ci  est utilisée en particulier par Beethoven dans ses 5ème et 6ème symphonies.

 

Ecoutez le piccolo dans l’orage de la symphonie pastorale (n°6) de Beethoven.

 

Plus tard, en 1847,  Théobald  Böhm modifiera radicalement la flûte  en repensant complètement la configuration des trous et la mécanique associée.

Böhm  inventera également en 1855 la flûte alto ou flûte en sol, plus grave d’une quarte (le do grave écrit correspond au sol grave de la flûte).

La flûte basse, plus grave d’une octave, verra le jour au début du 20ème siècle.

 

Répertoire

A l’époque classique, on trouve :

de Haydn : une sonate pour flûte, des  trios pour flûte, violoncelle et piano.

de Mozart : deux concertos K313 et K314, un andante K315, deux quatuors pour flûte et cordes K285 et K298.

 

Ecoutez

Le début du trio pour flute, violoncelle et piano HOB XV-15  de Haydn

La cadence de fin du 1er mouvement du concerto pour flute n°1 de Mozart

 

Nous découvrirons plus tard :

de Schubert : Introduction et variations sur «la belle meunière».

de Fauré : Fantaisie

de Debussy : Syrinx

de Ravel : Introduction et allegro pour harpe, flûte, clarinette, 2 violons, alto et violoncelle.

de Jacques Ibert : Concerto pour flûte

de Poulenc : Sonate pour flûte et piano

 

 

Le hautbois

 

Le hautbois est un instrument de la famille des bois, à anche double.

Le hautbois évolue peu pendant la période classique. Il évoluera surtout dans la première moitié du 19ème siècle qui verra s’ajouter 6 à 9 clés aux 2 clés du hautbois baroque.

 

Hautbois de Joseph Fuchs.JPG

 

Concernant le répertoire classique, on peut citer de Mozart, le quatuor pour hautbois et cordes K370 (1781) et le concerto en ut majeur K314 qui est une version du concerto pour flûte en ré.

 

Ecoutez

le début du quatuor avec hautbois K370 de Mozart

 

 

 

Le basson

 

Comme le hautbois, le basson est un instrument de la famille des bois, à anche double.

Au cours du XVIIIe siècle, sa ligne générale s'est simplifiée et le nombre de ses clefs s'est accru jusqu'à 5 ou 6, mais il évoluera surtout au 19ème siècle.

Il existe également le contrebasson qui sonne une octave plus bas que le basson.

 

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A l’époque classique, le basson est très utilisé en  musique de chambre en association avec d’autres instruments et dans l’orchestre symphonique, en particulier par Beethoven dans ses symphonies, ainsi que dans son concerto pour violon.

 

Ecoutez

le basson dans le 3ème mouvement de la 5ème symphonie de Beethoven

 

 Les œuvres pour basson solo sont peu nombreuses.  On peut néanmoins citer de Mozart,  le concerto pour basson en sib majeur, K191.

 

 

La clarinette

 

La clarinette est un instrument à anche simple. Elle a été créée en 1690 à partir du chalumeau  lui-même hérité du moyen-âge.

D’abord utilisée à l’époque baroque par Vivaldi et Rameau ,  elle s’est surtout développée à partir de la période classique,  en particulier avec l’école de Mannheim qui l’introduit dans l’orchestre. Elle y deviendra un membre à part entière avec Beethoven.

 Mozart contribua à son évolution en finançant son ami Anton Stadler, franc-maçon comme lui et célèbre virtuose, qui développa la clarinette- basset. C’est pour lui que Mozart écrivit le quintette avec clarinette K581 et le trio avec alto et piano K498,  ainsi que le célèbre concerto pour clarinette K622.

 

Historique 

Clarinette-1.JPG
 (d’après
La clarinette sans couac...ou presque)

En 1690, J.C. Denner perfectionne le chalumeau en créant un bec muni d’une anche fabriquée séparément et fixée par une ficelle, et en ajoutant 2 clés tout en haut de l’instrument.

Le terme «clarinette» apparait en 1710 avec son fils Jakob qui allongea le tube et modifia les clés, créant ainsi la clarinette baroque à 2 clés, accordée en ré comme la trompette, utilisée entre autres par Haendel et Vivaldi.

Les clarinettes accordées plus bas en sib et en la,  apparaissent plus tard dans l’orchestre de Mannheim.

Plus tard, Stadler a prolongé l’étendue de la clarinette en la vers le grave, créant ainsi la clarinette de basset.

Des clarinettes à 5 clés apparaissent en Angleterre en 1770.

Le nombre de clés évoluera plus tard jusqu’à 10 clés avec les concertos de Weber, et 17 clés et 4 anneaux avec le Quintette avec clarinette de Brahms, intégrant le «système Böhm» qui sera développé pour la flute en 1847.

 

La très large famille des clarinettes comprend, entre autres :

La clarinette soprano en sib qui joue un ton plus bas que les notes écrites,  ou en la qui joue une tierce mineure plus bas que la note écrite. C’est la plus couramment pratiquée.

 

Clarinette de 1790.JPG

 

La clarinette de basset  inventée  par Anton Stadler,  est une clarinette en la,  étendue d’une tierce vers les graves.

Cor de basset de 1792.JPG

Le cor de basset, qui est bien une clarinette et non un cor, inventé par Anton et Johan Mayrhofer,  accordé en fa, joue une quinte juste,  au-dessous des notes écrites. La note la plus grave est le do2 écrit (soit fa1 réel).

La clarinette alto,  inventée en 1810 par Ivan Müller,  accordée en mib, ressemble au cor de basset, en plus court. La note la plus grave est le mi écrit (soit sol réel).

 

On verra apparaître plus tard les clarinettes basse en sib, une octave en dessous de la clarinette soprano, contralto en mib et contrebasse en sib, une octave en dessous de la clarinette basse.

 

Clarinette moderne.JPG

 

Répertoire

Parmi les œuvres pour clarinette de l’époque classique, outre les œuvres de Mozart déjà mentionnées, citons le trio op11 avec violoncelle de Beethoven, le concerto en mib de Carl Stamitz.

 

Ecoutez

un extrait du 1er mouvement du concerto pour clarinette de Mozart

 

Nous découvrirons plus tard :

Les 2 concertos op 73 et 74 de Weber,  les 2 sonates pour piano et clarinette de Brahms, la sonate op 167 de Saint-Saëns, la première rhapsodie avec piano (ou orchestre) de Debussy, les 3 pièces pour clarinette seule de Stravinsky, les 4 pièces op 5 de Berg.

 

Pour en savoir plus :

Un article complet sur Wikipedia.

Un site spécialisé : La clarinette, sans couac...ou presque

 

 

Les Cuivres

La trompette

 

Comme on l’a vu à l’époque baroque, la trompette sans piston n’émet que les harmoniques naturelles d’un son fondamental. Des efforts furent donc faits pour permettre à la trompette de jouer toutes les notes de la gamme chromatique.

Trompette à clefs.JPG

On utilisa d’abord la technique du bouchage, qui consiste à placer la main dans le pavillon pour baisser la note d’un demi-ton. On créa alors des trompettes courbées facilitant l’accès au pavillon.

Dans les années 1790, apparaissent les trompettes à clefs : L’instrument devenait ainsi chromatique au-dessus du do médian grâce à 4 ou 5 clefs recouvertes de cuir et ouvertes avec les doigts. C’est pour cet instrument qu’Haydn a composé son célèbre concerto pour trompette, ainsi que Hummel.

Ce système ne donnait pas entière satisfaction, c’est pourquoi on a aussi utilisé à cette époque  la trompette à coulisse, ou tube additionnel, qui permettait l’abaissement instantané et progressif du tuyau.

 

Trompette à coulisse.JPG

 

Les  pistons apparurent en 1813 au nombre de 2,  puis en 1830 au nombre de 3, permettant de jouer toute la gamme chromatique sans modification de timbre ni de volume.

 

On distingue plusieurs types de trompettes :

Les trompettes les plus couramment utilisées sont les trompettes «soprano» en do ou en sib.

Mais il existe également :

des trompettes aigües en fa, en mib ou en ré.

des trompettes basses en mib.

 

Ecoutez

le début du 3ème mouvement du concerto pour trompette de Haydn

 

 

 

Le trombone

 

Le trombone évolue très peu pendant la période classique. Néanmoins sa présence s’affirme dans l’orchestre : Mozart l’utilise dans ses opéras, Haydn dans «La création», et Beethoven dans ses symphonies, en particulier dans la 9ème.

Trombone du 18ème siècle.JPG

 

La coulisse du trombone faisant varier la longueur du tuyau, comporte 7 positions, chaque position correspondant à une variation de hauteur d’1/2 ton. La coulisse permet donc, sur toute sa longueur, de faire varier progressivement le son de 3 tons. Les positions de la coulisse ne sont pas repérées, elles sont estimées par l’instrumentiste, ce qui lui permet de jouer parfaitement juste, (si son oreille est bonne), contrairement à l’usage de pistons qui sont d’une justesse plus approximative.

 

Ecoutez

le trombone dans un extrait du Requiem de Mozart (tuba mirum)

 

 

 

Le cor

 

C’est le cor dit naturel qui est utilisé pendant la période classique. En effet, le cor, comme la trompette, ne bénéficiera  de l’invention des pistons qu’après 1813.

Cor naturel, vers 1800.JPG

Au milieu du 18ème siècle, les cornistes commencèrent à tenir l’instrument vers la bas, ce qui leur permettait d’obstruer le pavillon de diverses façons avec la main, afin d’élever ou d’abaisser le son d’un demi-ton.  Ce procédé leur permettait d’obtenir la gamme chromatique sur une grande partie du registre de l’instrument.

A l’époque classique, de nombreuses œuvres sont écrites pour le cor, qui devient aussi un instrument soliste. On trouve ainsi, entre autres pièces : 

de Haydn, 2 concertos pour cor, un divertimento avec violon et violoncelle

 

de Mozart 4 concertos, le rondo de concert K371, le quintette pour cor et cordes K407, de Beethoven la sonate op 17 pour cor et piano.

 

Ecoutez

les cors dans un extrait du 3ème mvt de la 8ème symphonie de Beethoven

 

 

 

Instruments à cordes

 

Le baryton

 

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Très populaire aux XVIIe et XVIIIe siècles, le baryton fut souvent appelé "roi des instruments, l’instrument des rois". Léopold Mozart décrit l’instrument dans son livre "Versuch einer gründlicher Violinschule" en 1756 : "L’instrument a six à sept cordes, tout comme la gambe. Le manche est très large ; l’arrière est concave et ouvert ; on y trouve encore huit cordes (ou plus) de laiton et d’acier. Ces cordes peuvent être mues et pincées avec le pouce de la main gauche. Pendant qu’avec archet une mélodie est jouée sur les catguts, on peut jouer la partie basse avec le pouce sur les cordes se trouvant sous le manche."

 

 

 

La famille des violons

 

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Le violon a été créé au 16ème siècle en Italie. Il a d’abord été un instrument populaire utilisé pour la danse, avant de supplanter la viole de gambe et devenir l’un des plus prestigieux instruments solistes et la composante principale de l’orchestre à partir de la période classique.

 

On trouvera dans le chapitre sur la musique baroque, tout ce qui concerne la famille des violons.

 

 

 

Instruments à clavier

L’instrument «star» de l’époque classique est sans conteste le piano.

 

Le piano-forte

Invention du piano-forte 

 

C’est l’italien Bartolomeo Cristofori (1651-1731) qui créa le premier «piano-forte» en 1709, en remplaçant les sautereaux du clavecin qui pincent la corde, par des petits marteaux. Cela permettait au toucher de passer par toutes les nuances du  piano au forte, comme dans le clavicorde, mais avec beaucoup plus de puissance.

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Un marteau articulé indépendant mû par un pilote situé au bout de la touche vient frapper plus ou moins vivement la corde pour s'en dégager aussitôt tandis qu'un étouffoir (pièce de cuir ou feutre) vient éteindre le son de cette note dès que la touche est relâchée.

Ce type de mécanique  a été utilisé  en 1726 par Gottfried Silbermann (1683-1753) pour construire le premier pianoforte allemand, sur lequel il créa la pédale dite «forte» qui permet de soulever simultanément tous les étouffoirs.  Silbermann présenta cet instrument à J.S. BACH qui ne fut pas enthousiaste, mais il  perfectionna peu à peu sa technique, et parvint au succès en 1747, au point que le Roi Frédéric II de Prusse, enthousiaste, en commanda quinze exemplaires, et que Jean Sébastien Bach lui-même finit par reconnaître la qualité de ces instruments.

Le pianoforte se développe ensuite en Angleterre, en France et en Allemagne et voit apparaître différentes sortes de mécanique.

La mécanique «anglaise» 

 

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En Angleterre, en 1772, Americus Backers  ajoute un système d’échappement qui consiste en l'abandon du marteau par le pilote (pour permettre au marteau de retomber même la touche enfoncée).

Cette technique fut ensuite développée par John Broadwood et Robert Stodart.

 

L’attrape permet de freiner le marteau au retour, afin de l’empêcher de rebondir.

 

La mécanique «viennoise» ou «allemande» 

 

En 1785, Johann Andréas Stein (1728-1792),  élève de Silbermann,  mit au point un nouveau système d'échappement des marteaux permettant d'obtenir une meilleur qualité sonore et de jouer des pièces plus rapides.

 

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Le marteau repose horizontalement sur la touche qui, en s'enfonçant, le soulève au moyen d'une fourche fixée à l'extrémité de la touche ; la pièce qui retient l'extrémité du marteau est mobile grâce à un petit ressort, elle permet ainsi l'échappement, c'est-à-dire la libération du marteau.

Ce piano connut un grand succès et était notamment très apprécié par Mozart.

La mécanique viennoise n’a pas supporté la concurrence de la mécanique dite «Anglaise» surtout après qu’Erard inventât en 1821 le «double échappement» , permettant la répétition aussi rapide que possible de la même note par le fait que le marteau se trouve déjà au cours de sa chute relancé vers la corde

 

Le piano et les compositeurs classiques

 

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Les premières sonates à avoir été expressément écrites pour le pianoforte le furent par Lodovico Giustini (1685-1743), et furent publiées en 1732.
Le cahier comporte 12 sonates. Il en existe quelques enregistrements, dont un intégral sur une copie d'un instrument de Cristofori.

 

Mais c’est Clémenti qui fut  le 1er grand compositeur pour le piano. Il est le trait d’union entre le baroque de Scarlatti et le romantisme de Beethoven.

 

 

 

 

 

Un peu de vocabulaire et de technique
Les éléments du piano

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Piano à queue

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Piano droit

 

Les éléments de la mécanique

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corde

Les cordes sont : simples et en cuivre dans le grave, doubles et en acier dans le moyen, triples et en acier (mais plus fines que celles du moyen) dans l’aigu.

étouffoir

Pièce de bois garnie de feutre qui, lorsque la touche est relâchée, se pose sur la ou les cordes pour en arrêter la vibration.

barre d’étouffoir

Pièce garnie de feutre sur laquelle la tige de l’étouffoir s’appuie lorsque celui-ci quitte la corde pour qu’elle vibre.

noix

Pièce qui, poussée par le levier d’échappement, permet de diriger le marteau vers la ou les cordes.

levier d’échappement

Tige mobile qui transmet le mouvement du chevalet à la noix et qui permet au marteau de revenir en arrière dès qu’il a frappé la ou les cordes.

chevalet

Pièce mobile transmettant le mouvement au levier d’échappement.

feutre

Tête du marteau recouverte de feutre, qui frappe la ou les cordes pour les mettre en vibration.

marteau

Pièce de bois dont l’extrémité recouverte de feutre (tête) frappe la ou les cordes pour les mettre en vibration.

barre de repos des marteaux

Pièce garnie de feutre sur laquelle le manche du marteau s’appuie lors de sa retombée.

contre-attrape

Pièce qui sert à retenir le marteau à mi-chemin de sa retombée pour permettre une répétition de notes plus rapide.

attrape

Tige métallique dont la tête en bois garnie de feutre amortit le retour de la contre-attrape pour empêcher le marteau de rebondir en revenant vers l’arrière.

touche

Levier blanc ou noir basculant sous la pression des doigts et provoquant, par l’intermédiaire d’un mécanisme, le heurt du marteau sur une ou plusieurs cordes.

 

Echappement simple : Une  pièce de bois articulée (bâton d'échappement) pousse le marteau sur la corde puis bascule, l’obligeant à revenir en arrière tout en lui permettant aussitôt une nouvelle attaque. Le musicien doit laisser revenir les touches à leur point de repos avant de les rejouer.

Mécanique à répétition (appelée aussi double  échappement) : Le marteau est arrêté dans sa chute par une attrape alors qu’un système à ressort permet de remettre en position le bâton d'échappement sous le marteau. Le musicien peut alors rejouer la touche avant que celle-ci revienne à sa position de repos, ce qui permet une grande rapidité de jeu.

Le double échappement est présent sur tous les pianos à queue depuis le début du  20ème  siècle. Il n’est pas applicable à la mécanique verticale des pianos droits.

 

 

La mécanique du piano à queue, à «double échappement»,  est plus complexe :

 

piano08.JPG

http://mediatheque.cite-musique.fr/mediacomposite/images/onglet-d.gif 

L’animation suivante, réalisée par Etienne Landi,  permet de mieux comprendre le fonctionnement de la mécanique à échappement  (simple) d’un piano droit :

 

 

 

Percussions

 

Les percussions sont assez peu utilisées dans l’orchestre de la période classique. Elles sont principalement constituées par les timbales, qui sont à hauteur de son déterminée (donc accordées).

Les percussions à hauteur de son indéterminée prennent de l’importance avec Beethoven, et tout particulièrement dans sa neuvième symphonie qui utilise le triangle, la grosse caisse et les cymbales frappées.

 

Les timbales

 

Au 18ème siècle, les timbales sont devenues un instrument de base de l'orchestre classique.

Leur particularité est d’être accordable à l’aide de pédales ou de clés modifiant la tension de la peau, fournissant ainsi une note de hauteur donnée. On trouvera ainsi généralement dans l’orchestre, plusieurs timbales préréglées à des notes données, et qui peuvent être de tailles différentes.

 

Timbales du 18ème siècle.JPG

 

 

Ecoutez

les timbales dans des extraits du 2ème mouvement de la 9ème symphonie de Beethoven.

Timbale moderne.JPG

 

 

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