Image Caption 17 Image Caption 18 Image Caption 11 Image Caption 12 Image Caption 17 Image Caption 18
 
 précédent

Vingtième siècle (4-6) : Espagne et Amérique latine

[Origines] [Grèce] [Moyen-âge] [Renaissance] [Baroque] [Classicisme] [Romantisme] [Post-romantisme] [20e_siècle] [A suivre]
suivant 

I    Introduction

II   Evolution de la théorie musicale

III  Evolution des instruments

V   Histoire du jazz


Compositeurs et mouvements musicaux

 

La musique en Espagne

et en Amérique latine au 20ème siècle

 

Sommaire de ce chapitre

 

 

 

 

Compositeurs espagnols

 

Au début du 20ème siècle, les rapports entre Paris et l’Espagne deviennent particulièrement étroits dans un échange réciproque d’influences. Si les musiciens français empruntent à l'Espagne les procédés et le caractère de maintes œuvres, Manuel de Falla, mais aussi Turina, Rodrigo et Mompou empruntent à la musique française sa technique et sa rigueur.

 

 

 

Manuel de Falla

Manuel de Falla est sans doute le plus grand compositeur espagnol du 20ème siècle.

 

Manuel de Falla est né à Cadix le 23 novembre 1876.

De 1896 à 1898, il étudie au Conservatoire Royal de Madrid avec José Tragó et remporte un premier prix de piano en 1899.

De 1901 à 1904, il complète sa formation avec Felipe Pedrell, compositeur et musicologue, initiateur de la musique espagnole.

En 1904, il compose l’opéra « La vie brève » (La Vida Breve) avec lequel il remporte en 1905 le prix de l'Académie royale des beaux-arts.

En 1907, il part pour la France où il fréquente Debussy, Ravel, Dukas et son compatriote Albéniz, ainsi que le célèbre pianiste Ricardo Vines, qui donnera en concert ses « Quatre pièces espagnoles ».

De retour à Madrid en 1914, il compose le ballet « L’amour sorcier » (El amor brujo) inspiré par les récits fantastiques d’une gitane et « Les nuits dans les jardins d'Espagne » pour piano et orchestre, son œuvre la plus « impressionniste », qui décrit trois jardins dont celui de l'Alhambra et celui de la Sierra de Cordoba.

 

L’Amour Sorcier

Dans le ballet « L’amour sorcier » (El amor brujo), une jeune gitane andalouse appelée Candela, est hantée par le fantôme de son défunt mari. Pour se débarrasser de lui, tous les gitans font un grand cercle autour de leur feu de camp à minuit. Candela exécute ensuite la danse du feu rituel. Cela fait apparaître le fantôme, avec qui elle danse ensuite. Alors qu'ils tournent de plus en plus vite, le fantôme est attiré dans le feu, le faisant disparaître pour toujours.

 


« Danse rituelle du feu »

Extrait du film de Carlos Saura.


« Danse et chanson du jeu d'amour »

par Rocio Jurado

 

En 1919, il compose le ballet « Le tricorne » (El sombrero de tres picos).

En 1922, il compose « Le retable de maître Pierre », opéra de chambre commandé par la princesse de Polignac.

De 1923 à 1926, il compose sa dernière œuvre achevée importante, le « Concerto pour clavecin » dédié à la claveciniste Wanda Landowska.

A partir de 1927, il travaille sur une œuvre ambitieuse «  L’Atlantide  », à laquelle il va se consacrer jusqu’à la fin de sa vie, mais qui restera inachevée. Elle sera complétée, à partir de ses esquisses, par Ernesto Halffter pour une première audition en 1961.

En 1928, la France lui décerne la Légion d’Honneur.

En 1938, il est nommé président de l’Institut d’Espagne.

En 1939, après la guerre civile d'Espagne, il part s’installer en Argentine.
Il meurt à Alta Gracia le 14 novembre 1946.

 

Les principales œuvres de Manuel de Falla

 

 

La Vie brève (1904), opéra en deux actes

Quatre Pièces espagnoles (1908) pour piano

Sept chansons populaires espagnoles (1914)

L’Amour sorcier (1915), ballet

Le Tricorne (1917), ballet

Nuits dans les jardins d’Espagne (1921), pour piano et orchestre

Le Retable de maitre Pierre (1922), opéra de chambre.

Concerto pour clavecin et cinq instruments (1923-1926)

 

 

 

 

On trouvera une biographie et le catalogue des œuvres de Manuel de Falla sur Musicologie.org.

 

 

 

Joaquin Turina (1882-1949)

Formé à l’école française, Joaquin Turina a su mettre en valeur la richesse du folklore espagnol dans des compositions influencées par l’impressionnisme.

 

Joaquín Turina est né le 9 décembre 1882 à Séville.

Il étudie d’abord la musique et le piano à Séville auprès de Garcia Torres et Enriquez Rodriguez, puis complète ses études au Conservatoire de Madrid avec José Tragó, également professeur de Manuel de Falla.

De 1905 à 1914, il séjourne à Paris, où il suit des cours de composition auprès de Vincent d'Indy à la Schola Cantorum, et se perfectionne au piano.

Au cours de ces années, il fait la connaissance de Claude Debussy, Paul Dukas et Maurice Ravel et rencontre Manuel de Falla et Isaac Albéniz.

Rentré à Madrid en 1914 avec de Falla, il se consacre à la composition, à l’enseignement et à la critique musicale.

En 1920, il dirige les Ballets Russes de Diaghilev.

En 1926 il obtient le Prix national de la musique pour son Trio pour violon, violoncelle et piano.

À partir de 1931, il est professeur de composition au Conservatoire royal de Madrid.

En 1935, il est élu à l'Académie royale des beaux-arts de San Fernando.

Joaquín Turina meurt le 14 janvier 1949 à Madrid.

 

Quelques œuvres de Joaquin Turina

 

 

Rincones sevillanos (1911), pour piano

La Procesión del Rocío (1913), pour orchestre

Sinfonía sevillana (1920), pour orchestre

Danzas fantásticas (1920), pour orchestre

Jardín de Oriente (1923), opéra

Ritmos (1928), pour orchestre

Danzas gitanas (1930), pour piano, (pour orchestre)

 

Danzas fantasticas,

Sinfonia sevillana,

Ritmos …

 

Joaquin Turina est également l'auteur d'une Encyclopédie abrégée de la musique (« Enciclopedia abreviada de la música », 1917), et d'un Traité de composition (« Tratado de composición musical », 1947).

 

On trouvera une biographie et le catalogue des œuvres de Turina sur Musicologie.org.

 

 

 

Joaquin Rodrigo (1901-1999)

 

Joaquín Rodrigo est né le 22 novembre 1901 à Sagonte, dans la province de Valence. Il devient aveugle à l'âge de trois ans, à la suite d'une diphtérie.

En 1925, il remporte le deuxième prix au Concours national de composition avec ses « Cinco Piezas infantiles » pour piano.

En 1927, il se rend à Paris où il suit les cours de Paul Dukas à la Schola Cantorum jusqu’en 1931. Il y rencontre Maurice Ravel et Manuel de Falla.

En 1933, il se marie à Valence avec la pianiste Victoria Kamhi, puis, avec l'aide financière d'une bourse, il retourne à Paris pour compléter

ses études au Conservatoire et à la Sorbonne.

En 1939, il se fixe à Madrid, où il compose son célèbre pour guitare et orchestre dont la création en 1940 lui assure une notoriété internationale.

En 1942, il reçoit le prix national de la musique et devient en 1944 conseiller musical à la radio espagnole.

En 1947, il est nommé professeur d'histoire de la musique à l'université de Madrid, titulaire de la chaire Manuel de Falla, spécialement créée à son intention.

En 1950, il est élu à l'Académie royale des beaux-arts de Madrid.

En 1954, il retrouve le succès avec la « Fantaisie pour un gentilhomme » pour guitare et orchestre, composée pour Andrés Segovia.

En 1991, il est anobli par le Roi Juan Carlos avec le titre de marquis « de los Jardines de Aranjuez ».

Joaquín Rodrigo meurt le 6 juillet 1999 à Madrid.

 

Atteint de cécité, Joaquín Rodrigo composait en braille, puis dictait sa partition note par note à un copiste. Sa femme jouait ensuite chaque partie au piano pour vérification avant édition.

 

Les principales œuvres de Joaquin Rodrigo

 

Rodrigo a composé 170 œuvres dont 11 concertos, des œuvres chorales et orchestrales, 60 chansons, des pièces pour piano et pour guitare.

 

 

Concerto d'Aranjuez, pour guitare et orchestre (1939)

Concerto Heroico pour piano et orchestre (1942)

Concerto Serenata pour harpe et orchestre (1952)

Fantaisie pour un gentilhomme, pour guitare et orchestre (1954)

Concerto Madrigal, pour deux guitares et orchestre (1966)

Concerto Andaluz, pour quatre guitares et orchestre (1967)

Concerto pastoral, pour flûte et orchestre (1978)

Concerto para una fiesta, pour guitare et orchestre. (1982)

 

 

 

 

On trouvera une biographie et le catalogue des œuvres de Joaquin Rodrigo sur Musicologie.org.

 

 

 

Federico Mompou (1893-1987)

 

Federico Mompou est né à Barcelone le 16 avril 1893.

Très jeune, il se consacre au piano et donne son premier récital en 1908.

De 1911 à 1913, il est à Paris où il suit des cours au conservatoire puis étudie le piano et la composition avec Marcel Samuel-Rousseau. C’est pendant ce séjour qu’il compose ses premières « Impresiones intimas», où l’on devine l’influence d’Erik Satie.

En 1913, il rentre à Barcelone où il achève ses « Impresiones intimas» en 1914.

Au cours de réceptions organisées par sa mère dans la maison familiale, il rencontre Manuel de Falla et Prokofiev, ainsi qu’Arthur Rubinstein avec lequel il fait le tour des cabarets de la ville.

De 1923 à 1941, il vit à Paris puis s’installe définitivement à Barcelone, où il meurt le 30 juin 1987.

 

On trouvera une biographie détaillée sur Musicologie.org.

 

Les principales œuvres de Federico Mompou

 

L’œuvre de Federico Mompou est essentiellement pianistique.

Surnommé « le Debussy espagnol » par le critique musical Émile Vuillermoz, Federico Mompou est quelque peu influencé par Claude Debussy et Maurice Ravel.

 

 

Œuvres pour piano 

Impresiones intimas (1911-1914)

Scènes d’enfants (1915)

Suburbis (1917)

Cants magics (1917-1919)

Trois variations (1921)

Cançons i danses (1921-1962)

Paisages (1942-1960)

Musica callada (1959-1967)

 

Œuvre pour guitare

Suite Compostelana (1962)

 

Oratorio

Los improperios (1964)

 

L’intégrale pour piano

par le compositeur

En 4 CD

 

 

On trouvera la liste des principales œuvres de Federico Montou sur Wikipedia.

 

 

 

Autres compositeurs espagnols

 

Nous avons traité des compositeurs de la fin du 19ème–début du 20ème siècle dans le cadre de la période postromantique.

 

1ère moitié du 20ème siècle

 

Les compositeurs espagnols de la première moitié du 20ème siècle restent liés au pot-romantisme ou attachés à la tradition espagnole.

Parmi eux, on peut citer Ernesto Halffter (1905-1989), appartenant au « Groupe des huit » comprenant également Jesús Bal y Gay, Juan José Mantecón, Julián Bautista, Fernando Remacha, Rosa García Ascot, Salvador Bacarisse, Gustavo Pittaluga.

On trouvera ses principales œuvres ici.

 

Citons également Conrado del Campo (1878-1953), Bartholomé Perez-Casa (1873-1956), Jaime Pahissa (1880-1969), Enrique Morera (1865-1942)

 

2ème moitié du 20ème siècle

 

Parmi les compositeurs de la 2ème moitié du 20ème siècle, on peut citer :

 

Roberto Gerhard (1896-1970)

Xavier Montsalvatge (1912-2002)

Joaquin Homs (1906-2003).

 

Le groupe « Nueva Música »

 

En 1958, Ramón Barce rédige le manifeste du groupe « Nueva Música» rassemblant des compositeurs dits de la « generación del 51» (compositeurs nés entre 1928 et 1934, la plupart d’entre eux ayant fini leurs études en 1951).

Les principaux membres de ce groupe sont Cristóbal Halffter (1930-), Luis de Pablo (1930 -), Anton García Abril (1933-), Manuel Moreno Buendía (1932-), Alberto Blancafort (1928-2004), Manuel Carra (1931-).

L’objet de ce groupe est de développer en Espagne une musique d’avant-garde basée sur l’atonalité, le sérialisme et la musique aléatoire, en opposition avec l’esthétique nationaliste du début du siècle. Parmi eux, Cristóbal Halffter et Luis de Pablo font partie des figures emblématiques de la musique contemporaine espagnole.

 

Cristóbal Halffter (1930-)

Compositeur et chef d'orchestre, il participe au renouvellement de la musique espagnole en faisant appel dans ses œuvres aux techniques sérielles, aléatoires et électroniques.

Parmi ses œuvres, citons le concerto pour piano (1953), Elegías a la muerte de tres poetas españoles (1975)

 

Luis de Pablo (1930-)

Compositeur basque d'avant-garde de musique sérielle et aléatoire, il a créé et dirigé avec son groupe « Alea » le premier laboratoire de musique électroacoustique en Espagne.

Parmi ses œuvres, citons Polar (1962) pour 11 instruments, Chamán (1976) pour bande magnétique, Fantasias (2001) pour guitare et orchestre.

 

portee.jpg

 

 

Voir aussi une histoire de la musique espagnole sur physinfo.org

 

 

 

 

 

Compositeurs sud-américains

 

 

 

 Brésil

Heitor Villa-Lobos (1887-1959)

 

Comme Béla Bartók en Hongrie, le compositeur brésilien Heitor Villa-Lobos a étudié les musiques traditionnelles de son pays qui ont inspiré toute son œuvre.

 

Heitor Villa-Lobos est né à Rio de Janeiro (Brésil) le 5 mars 1887.

Il perd son père à l’âge de 12 ans. Sa mère lui interdisant les études de piano, il apprend à jouer de la guitare en cachette.

Très jeune, il joue dans des groupes de musique populaire et dès 16 ans exerce comme musicien indépendant.

En 1905, puis en 1907, il parcourt les états du Nord du Brésil où il récolte de nombreuses musiques populaires.

En 1915, il se fait connaître par des concerts à Rio de Janeiro. Sa musique intéresse Darius Milhaud, alors secrétaire de Paul Claudel à l’ambassade de France au Brésil. Arthur Rubinstein est également conquis et se fait son interprète.

En 1923, il obtient une bourse du gouvernement pour étudier à Paris, où il rencontre entre autres Florent Schmitt, Edgar Varèse et les musiciens du groupe des Six.

De retour au Brésil en 1930, il est nommé surintendant de l'Éducation musicale dans les écoles publiques de Rio de Janeiro. Il partage ses activités entre la composition et une importante œuvre pédagogique.

 

À partir de 1940, Villa-Lobos entreprend des tournées de concerts à travers les Amériques.

Après la guerre, il partage sa vie entre le Brésil, les États-Unis et l'Europe, principalement Paris, menant une carrière de chef d'orchestre qui contribue pour beaucoup à la popularité de son œuvre.

En 1945, il fonde l'académie brésilienne de musique où il supervise la constitution d'un important fonds de partitions de musique traditionnelle de son pays. 

En 1948 à Paris, il est élu membre correspondant de l’Institut de France sur le continent américain.

Heitor Villa-Lobos meurt le 17 novembre 1959 à Rio de Janeiro.

 

L’œuvre  

 


Bachiana brasileira no. 5 :  

1er mouvement  aria cantilena

Villa-Lobos a écrit, selon les sources, entre 1300 et 2000 œuvres, pour toutes les formations et dans des styles très différents : les œuvres des années 1908 à 1912 sont d’un style proche du folklore brésilien. On distingue ensuite une période impressionniste autour des années 1920-1930 alors qu’il séjournait en Europe, avant d’évoluer vers un style toujours plus personnel.

Deux formes lui appartiennent en propre : les « Chôros » et les « Bachianas brasileiras » :

Les « Chôros » sont des sortes de sérénades aux modalités brésiliennes appartenant à différents genres tels que la musique vocale, la musique orchestrale et la musique de chambre.

 Les « Bachianas Brasileiras », qui sont ses œuvres les plus connues, sont des petites pièces pour orchestre ou différentes formations, inspirées de J.S. Bach et de la musique brésilienne. Sa plus célèbre est la n°5 composée pour une voix soprano et huit violoncelles.

Parmi ses œuvres, on compte 12 symphonies, 17 quatuors à cordes, 14 Chôros, 9 Bachianas brasileiras, 4 opéras, des concertos pour divers instruments, de nombreuses œuvres pour piano et pour guitare …

 

Voici quelques-unes de ses œuvres les plus célèbres :

 

 

Œuvres pour piano 

A prole do bebê (Le monde du bébé, 1918 et 1921)

Chôro n°5 (1926), pour piano

Rudepoema (Poème rude, 1926)

Ciclo brasileiro (Cycle brésilien, 1937) comprenant

Dança do índio branco (Danse de l’indien blanc)

As três Marias (trois étoiles de la constellation Orion : Alnitah, Alnilam et Mintaka, 1934-1939)

 

Œuvres pour guitare

Chôro n°1 (1920), pour guitare

Suite populaire brésilienne (1928)

Douze études (1929)

Cinq préludes (1940)

 

bachianas brasileiras

bachiana brasileira n°1 (1932), pour 8 violoncelles

bachiana brasileira n°3 (1934), pour piano et orchestre

bachiana brasileira n°5 (1938), pour voix et 8 violoncelles

bachiana brasileira n°6 (1938), pour flûte et basson

 

Concertos

Concerto pour piano n°1 (1945)

Concerto pour guitare (1951)

Concerto pour violoncelle n°2 (1953)

 

Symphonies

Symphonie n°3 « la Guerre » (1919)

Symphonie n° 4 « la Victoire » (1919)

 

Musique de chambre

Quatuor à cordes n°4 (1917)

Nonetto (1923)

Quatuor à cordes n°17 (1957)

 

 

Intégrales des Chôros,

des bachianas brasileiras

et de la guitare solo en 7 CD

 

 

 

 

La musique pour piano

en 8 CD

 

 

 

 

Intégrale des symphonies

en 7 CD

 

 

 

On trouvera la liste des principales œuvres de Heitor Villa-Lobos sur Wikipedia.

 

 

 

Argentine

Alberto Ginastera (1916-1983)

 

Alberto Ginastera est né le 11 avril 1916, à Buenos Aires, dans une famille d'origine italo-catalane.

Il débute le piano à l’âge de sept ans.

De 1928 à 1935, il étudie au Conservatorio Alberto Williams de sa ville natale où il obtient une médaille d’or en composition, puis entre au Conservatoire national de Buenos Aires en 1936 d’où il sort diplômé en 1938.

En 1937, son premier ballet « Panambi » est créé au Teatro Colón.

C’est à cette époque qu’il écrit « Malambo » op.7 pour piano, dont le rythme percussif en 6/8 et l’harmonie polytonale deviendront caractéristiques de son langage musical.

A partir de 1941, il enseigne la composition au Conservatoire national de Buenos Aires. C’est cette même année qu’il crée son œuvre la plus fameuse : le ballet « Estancia ».

SIMC

La « Société internationale pour la musique contemporaine » (SIMC) a été fondée le 11 août 1922 à Salzbourg à l'issue d'un festival de musique de chambre contemporaine. Elle se fixe alors comme objectif d'organiser un festival annuel dans un des 14 pays membres afin de dresser régulièrement le bilan d'une année de production musicale.

Son premier festival a été organisé à Londres en 1923. Elle comptait 27 pays membres en 1976 et une cinquantaine en 2010.

En 1942, il bénéficie d’une bourse Guggenheim qui lui permet de compléter sa formation aux Etats-Unis où il séjournera de 1945 à 1947, et où il étudiera avec Aaron Copland.

De retour à Buenos Aires, il fonde la Ligue des compositeurs argentins qui deviendra la section locale de la S.I.M.C.

En 1958, il fonde la Faculté de musique de l’Universidad Católica Argentina.

En 1962, il crée le Centre latino-américain des hautes études musicales à Buenos Aires.

En 1968, souffrant de la censure persistante qui sévit en Argentine après la révolution, il part pour les États-Unis où il enseigne pendant 2 ans à Dartmouth College (New Hampshire).

En 1970, il se fixe à Genève, ville qui l’inspirera pour l’écriture de « Cantata Milena » créée en 1971.

Il meurt à Genève le 25 juin 1983.

 

L’œuvre

 


Danse finale du ballet « Estancia »
dirigée par Gustavo Dudamel.

Ginastera a lui-même classé son œuvre en trois périodes :

 

-        La période du « nationalisme objectif » (1934-1948)

Cette période se réfère directement au folklore argentin. Sa musique est profondément tonale, tels « Panambí » (1937), « Estancia » (1941) et quelques pièces pour piano, ainsi que pour chant et piano.

-        La période du « nationalisme subjectif » (1948-1958)

Dans cette période, Ginastera s'éloigne d'une inspiration folklorique directe, mais conserve une forme nationale, avec des matériaux dérivés des rythmes et des mélodies d’Argentine.

 

-        La période du « néo-expressionnisme » (1958-1983)

Dans cette période, il n’y a plus aucune cellule rythmique ou mélodique issue du folklore. La musique s’oriente vers un langage plus moderne, où se mêlent dodécaphonisme, polytonalité, utilisation de micro-intervalles et de séquences aléatoires.

 

Voici quelques-unes de ses œuvres les plus célèbres (Les couleurs de titre correspondent aux périodes citées ci-dessus)

 

 

Œuvres pour piano 

Danzas Argentinas op.2 (1937)

Malambo op.7 (1940)

Sonate pour piano n°1 op.22 (1952)

 

Œuvres concertantes

Concerto pour harpe op.25 (1956)

Concerto pour piano no 1 op.28 (1961)

Concerto pour violoncelle no 2 op.50 (1981)

 

Œuvres orchestrales et vocales

Variations concertantes pour orchestre op.23 (1953)

Cantata para América Mágica op.27 (1960), pour soprano dramatique et 53 instruments de percussion

Popol Vuh (La création du monde maya) op.44 (1975-1983, inachevé)

 

Ballets

    Panambí, op. 1 (1934–1936)

    Estancia, op. 8 (1941)

 

Estancia

Concerto pour harpe

Variations concertantes

 

 

Tout le piano et l’orgue

en 2 CD

 

On trouvera une biographie et la liste des principales œuvres d’Alberto Ginastera sur Ressources-IRCAM

 

 

 

Mexique

Carlos Chávez (1899-1978)

 

Carlos Chávez a joué dans son pays un rôle analogue à celui de Villa-Lobos au Brésil, en concrétisant l'image d'une musique mexicaine et en créant une véritable vie musicale.

 

Carlos Chávez est né à Popotla (maintenant quartier de Mexico) le 13 juin 1899.

Il étudie le piano avec Pedro Ogazón et l'harmonie avec Manuel Ponce.

En 1922-1923, il voyage en France, en Autriche et en Allemagne.

De 1926 à 1928, il vit à New York.

En 1928, il fonde et dirige l’orchestre symphonique de Mexico.

De 1928 à 1934, il dirige le conservatoire national de Mexico.

De 1947 à 1952, il est directeur général de l’institut national des beaux-arts.

En 1958-1959, il est maître de conférences à l'université Harvard.

De 1970 à 1973, il est directeur musical du Cabrillo Festival of Contemporary Music.

Carlos Chávez meurt à Mexico le 2 août 1978.

 

L’œuvre

 

Carlos Chávez a écrit plus de 150 œuvres, dont 1 opéra, 4 concertos, 7 symphonies, 5 ballets.

Sa musique est une synthèse d'influences mexicaine, indienne et espagnole, caractérisée par l’usage de la polyrythmie. Dans certaines œuvres telles que les « Cantos de Mexico » (1933) ou « Xochipilli Macuilxóchitl » (1940), pour orchestre mexicain, il utilise d’anciens instruments précolombiens qui évoquent la musique aztèque.

 

Voici quelques-unes de ses principales œuvres :

 

 

Œuvres instrumentales

        Cantos de Mexico pour orchestre mexicain (1933)

        Xochipilli pour orchestre mexicain (1940)

        Toccata pour instruments à percussion (1942)

 

Concertos

        Concerto pour piano (1940)

        Concerto pour violon (1952)

 

Symphonies

        Symphonie n°1 « de Antigona » (1933)

        Symphonie n° 2 « India  » (1936)

 

Opéra

        The visitors (1953-1973)

 

 

Les 6 symphonies

En 2 CD

 

 

 

 

On trouvera la liste de ses œuvres en cliquant ici.

Voir aussi le site qui lui est consacré (en espagnol et en anglais) : Carlos Chávez

 

 

 

Mexique

Silvestre Revueltas (1899-1940)

 

Silvestre Revueltas est né à Santiago Papasquiaro (Mexique) le 31 décembre 1899.

Très jeune, il étudie le violon.

En 1913 il entre au conservatoire national de Mexico pour y étudier la composition.

De 1917 à 1920, il poursuit ses études de violon et de composition à l'université de musique de Chicago.

En 1928, Carlos Chávez l'engage au conservatoire national de musique comme professeur de violon et comme chef assistant de l'Orchestre symphonique national du Mexique, poste qu'il occupera jusqu'en 1935.

En 1935, il quitte ce poste pour devenir le chef principal de l’orchestre rival, l'Orquesta Sinfónica Nacional.

En 1937, pendant la guerre civile espagnole, il se rend en Espagne, dans le cadre du 2e « Congrès international d'écrivains pour la défense de la culture », en tant que membre de la « Ligue des écrivains et artistes révolutionnaires » (LEAR). Il y rencontre Pablo Neruda, Rafael Alberti et Nicolás Guillén et donne plusieurs concerts en faveur des républicains. Il voyage en France, puis rentre au Mexique après la victoire de Franco.

En 1939, il est interné en hôpital psychiatrique pour des problèmes d'alcoolisme.

Il meurt le 5 octobre 1940 à Mexico des suites d'une bronchopneumonie.

L'œuvre

Son œuvre, caractérisée par un sens exceptionnel du rythme, est inspirée du folklore mexicain.

Ses compositions pour grand orchestre telles « Ventanas », « Sensemayá » considéré comme son chef-d’œuvre, ou « La Noche de los Mayas », son œuvre la plus connue, comportent de nombreux effets percussifs.

Revueltas a aussi composé de la musique de film, de la musique de chambre et des chansons.

Sa dernière œuvre, inachevée, est un ballet, « La Coronela » (La colonelle), dont la partition orchestrale, disparue, a été reconstituée par le chef d’orchestre José Limantour avec le concours du compositeur Eduardo Hernández Moncada qui avait dirigé la création d’origine. Cette version reconstituée a été créée à Mexico en 1962.

 

Ses œuvres les plus célèbres

 

Sensemaya

 La nuit des mayas

Hommage à Garcia Lorca

 

 

 

Argentine

Astor Piazzolla (1921-1992)

 

Qualifié de Villa-Lobos argentin, Astor Piazzolla a donné ses lettres de noblesse au tango.

 

Astor Piazzolla est né le 11 mars 1921 à Mar del Plata (Argentine).

En 1924 il arrive à New York avec ses parents.

Il commence à jouer du Bandonéon en 1929, à l’âge de 8 ans, puis suit des cours de piano avec Bella Wilda, disciple de Rachmaninov.

En 1934 (il a 13 ans), il rencontre Carlos Gardel, chanteur de tango mondialement célèbre, qui se lie d'amitié avec « ce gamin qui joue du bandonéon comme un galicien" et qui lui obtiendra un petit rôle dans le film qu’il est en train de tourner, « El día que me quieras ».

En 1937 Piazzolla arrive à Buenos Aires et entre dans l’ensemble du célèbre joueur de bandonéon Aníbal Troilo. Parallèlement, il poursuit sa formation classique avec Alberto Ginastera.

Au début des années 1950, il pense sérieusement à abandonner le tango pour se consacrer à la musique classique.

En 1954, ayant obtenu une bourse du Conservatoire de Paris, il se rend à Paris pour y étudier la composition auprès de Nadia Boulanger. Celle-ci le persuade de développer son art à partir de ce qui forme son fondement, c'est-à-dire le tango et le bandonéon.

En 1958 Astor Piazzolla retourne à New-York où il se lance dans le Jazz-Tango, qui sera pour lui une expérience décevante. Il incorporera néanmoins des éléments de jazz dans ses futures compositions.

Il retourne à Buenos Aires en 1960, où il crée une formation, le « Quinteto Tango Nuevo », avec laquelle il créera la majeure partie de son œuvre.

En 1967, il compose « Maria de Buenos Aires », le premier opéra-tango.

En 1971, il s’installe de nouveau à Paris, à la Cité des Arts.

En 1974, il monte le groupe « Conjunto Electronico », avec lequel il enregistre l’album « Libertango », qui comporte huit morceaux, diversement instrumentés, dont « Adios Nonino », et qui remporte un énorme succès.

En 1986, il reçoit le César de la meilleure musique de film pour « Tangos, l’exil de Gardel » du réalisateur Fernando E. Solanas.

En 1990, il réalise une série de tournées en soliste aux côtés d'orchestres classiques.

Cette même année, Mstislav Rostropovich joue à New Orleans l’œuvre pour violoncelle et piano qu’il lui avait commandé, « Le Grand Tango ».

 

Astor Piazzolla meurt le 04 juillet 1992 à Buenos Aires.

 

Quelques œuvres d’Astor Piazzolla

 

Tangos

        Libertango

        Adiós Nonino

        Oblivion

        Decarissimo

        Buenos Aires Hora Cero

 

Las cuatro estaciones porteñas

                (Les 4 saisons de Buenos Aires)

        Verano Porteño (été) (1965)

        Otoño Porteño (Automne) (1969)

        Invierno Porteño (Hiver) (~ 1969)

        Primavera Porteña  (printemps) (1970)

 

Seria del Angel (suite de l’ange) (1957-1965) :

        Introducción al ángel

        Milonga del ángel

        Muerte del ángel

        Resurrección del ángel

 

Concerto pour bandonéon « Aconcagua » (1970)

Le grand tango pour violoncelle et orchestre (1982)

Maria de Buenos Aires (1967), mini-opéra

                dont « Fuga y misterio »

 

Libertango, etc  …

 

 

 

 

 

Piazzolla en 10 CD

 

Astor Piazzolla a aussi composé les bandes sonores de plus de 50 films.

 

On trouvera une biographie et la discographie de Piazzolla sur Wikipédia.

 

 

 

 

Autres compositeurs latino-américains

 

Au Mexique

 

Manuel Ponce (1886-1936) a écrit de la musique de chambre, de la musique orchestrale et surtout de la musique pour piano et pour guitare.

Parmi ses œuvres les plus connues, citons :

-        Pour la guitare : les « Variations et fugue sur la Folia » (1929), la « Sonatina meridional » (1939), ainsi que le « Concierto del sur » (1941) dédié au guitariste virtuose Andrés Segovia.

-        Pour le piano : Intermezzo (1909), Concerto pour piano (1910)

 

Julian Carrillo (1875-1965) est musicologue, violoniste et compositeur.

Il est l’auteur d’une théorie sur la musique microtonale baptisée "le treizième son".

Sa production musicale comporte des œuvres tonales, atonales et microtonales.

Voici parmi ses oeuvres :

Une œuvre atonale : Symphonie n°3 (1945)

Deux œuvres microtonales : Preludio a Colón (1922), Horizontes (1947)

 

José Rolon (1876-1945), compositeur, chef d'orchestre et professeur de musique. Il a composé une centaine d’œuvres dont « Danzas indigenas », pour piano, « Le festin des nains » (1925) pour orchestre, un concerto pour piano (1935).

 

José pablo Moncayo (1912-1958), pianiste et compositeur. Son œuvre la plus connue est Huapango (1941).

 

Blas Galindo (1910-1993), compositeur, chef d'orchestre et professeur de musique. Ses œuvres les plus connues sont « Hommage à Cervantes » (1947) pour orchestre, « Sones de Mariachi » (1953) pour orchestre.

 

Arturo Marquez (1950-). Sa série de Danzónes, dont la plus célèbre est la Danzon n°2, a contribué à sa renommée internationale.

 

En Argentine

 

Alberto Williams (1862-1952), pianiste, compositeur, professeur de musique et chef d'orchestre.

Parmi ses œuvres, citons les 9 symphonies, les 3 « Suites argentines », « Las milongas de la orquesta ».

 

Carlos Lopez Buchardo (1881-1948). Compositeur essentiellement d’œuvres lyriques, il a écrit des opéras, des messes, des comédies musicales, et plus d'une cinquantaine de canciones, dont la plus connue est « La canción del carretero » (la chanson du charretier).

 

Juan Carlos Paz (1897-1972). Il a écrit des œuvres pour orchestre (concertos et poèmes symphoniques), pour piano (Inventions), et des compositions dodécaphoniques pour différentes combinaisons instrumentales. Sa musique évolue du style néoclassique ( « Ritmica Ostinata » de 1943 semble être sous l’influence d’Albert Roussel et de sa « Suite en fa ») au dodécaphonisme (« Continuidad 1960 », 1960).

 

~

 

Citons également

 

-        L’uruguayen Eduardo Fabini (1882-1950) dont les principales œuvres sont « Campo », « La isla de los ceibos », « melga sinfónica » , « Mburucuyá », « Mañana de reyes ».

 

-        Le bolivien Eduardo Caba (1890-1953), compositeur, pianiste et professeur de musique.

 Sa musique est influencée par les traditions, danses et chansons des indiens auprès desquels il a vécu dans son enfance. Il a écrit « Airs indiens » pour piano.

 

 

 

 

portee.jpg

 

 

A suivre =>

 

 

 



© 2006-2018 JP Chorier : Introduction à la musique classique