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Le vingtième siècle (4)
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I    Introduction

II   Evolution de la théorie musicale

III  Evolution des instruments

IV  Ecoles et compositeurs   ==>

V   Histoire du jazz

IV-1 La musique française

IV-2 Le dodécaphonisme sériel

IV-3 La musique russe

A suivre


Compositeurs et mouvements musicaux

 

La musique française au 20ème siècle (1/2)

 

Sommaire de ce chapitre

 

Introduction

 

Erik Satie

 

Impressionnistes et symbolistes

-        Claude Debussy

-        Maurice Ravel

-        Albert Roussel

-        Florent Schmitt

-        Charles Kœchlin

 

Le groupe des six

-        Francis Poulenc

-        Darius Milhaud

-        Arthur Honegger

-        … et les autres

 

 

 

École d’Arcueil

-           Henri Sauguet

 

Le groupe Jeune France

-          Olivier Messiaen

-          André Jolivet

 

Autres compositeurs français

-        Henri Dutilleux

-        Maurice Ohana

-        Jacques Ibert

-        Jean Françaix

-        Charles Chaynes

-        …autres.

 

 

 

Introduction

 


Dans les années 1950, lors d'une émission de radio, Jean Cocteau et Francis Poulenc évoquent les compositeurs de leur temps, dont Erik Satie, le Groupe des six, l'école d'Arcueil, Debussy, Ravel, Stravinsky, Bartok, Schoenberg, Messiaen, Boulez.

 

 

 

 

 

Erik Satie (1866-1925)

 

Pourquoi ouvrir ce 20ème siècle avec Erik Satie ? Parce qu’il a été la référence et la source d’inspiration de nombreux compositeurs et mouvements musicaux du 20ème siècle :

-  Précurseur de la musique graphique par la suppression des barres de mesures et l’ajout de calligraphies à ses partitions.

-  Précurseur de la musique minimaliste avec la répétition obsessionnelle d’un même thème comme dans « Ogives » ou sa « musique d’ameublement » ainsi que dans « Vexations » qui répète le même thème 840 fois.

-  Il influença Debussy en lui suggérant de se dégager de l’influence de Wagner et de transposer musicalement les moyens utilisés par les peintres impressionnistes. Selon Jean Cocteau, Satie serait à l’origine de l’esthétique de « Pelléas et Mélisande », et aurait mis Debussy sur la piste du livret de Maeterlink.

-  Il est à l'origine du « Groupe des Six », antiwagnérien et anti debussyste, dont les compositeurs feront de lui leur « bon maître ».

-  Maurice Ravel et Igor Stravinski reconnaissent son influence, ainsi que Francis Poulenc qui orchestrera sa « 3ème Gnossienne » et fera le premier enregistrement de sa musique en 1950.

-  Dans « Parade », il introduit des sons étrangers à l’orchestre tels que sirènes, machine à écrire, coups de revolver, ouvrant la voie à Edgar Varèse, Georges Antheil ... et préfigurant la musique concrète.

-  Avec « Socrate », il annonce le mouvement néo-classique qui suivra peu après.

-  Avec « Relâche », ballet surréaliste, il participe au mouvement Dada et à la naissance du surréalisme.

 

Relâche est un ballet dadaïste conçu en 1924 à Paris, écrit et décoré par Francis Picabia, chorégraphié par Jean Börlin, sur une musique d'Erik Satie. Le spectacle comprend un court film d'introduction interprété par Erik Satie et Francis Picabia eux-même, deux actes et un entracte cinématographique : « Entracte » réalisé par René Clair.

Erik Satie avec Claude Debussy

 

Biographie

 

Erik Satie nait à Honfleur le 17 mai 1866.

Il commence l’apprentissage de la musique auprès de l’organiste de Honfleur, puis entre au Conservatoire de Paris en 1879.

Il publie ses premières œuvres (valses) en 1885, Ogives en 1886, 3 Sarabandes en 1887, 3 Gymnopédies en 1888, 3 Gnossiennes en 1890.

En 1888, il s’installe à Montmartre et travaille comme pianiste-accompagnateur au cabaret Le Chat Noir. En 1891, il sympathise avec Claude Debussy, avec qui il sera intime pendant plus de 20 ans et sur lequel il exercera une certaine influence.

Il s’engage dans l’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix, dont il devient le maître de chapelle. C’est dans ce cadre qu’il compose « Le fils des étoiles », musique de scène d’une « pastorale kaldéenne » du Sar Peladan, ainsi que « Première pensée Rose+Croix » et « Sonneries de la Rose+Croix ».

En 1893, de janvier à juin, il a une liaison brève mais passionnée avec la peintre Suzanne Valadon.
En 1894, il rencontre le jeune Maurice Ravel qui plus tard, présentera les Sarabandes et les Gymnopédies aux membres de sa classe d'harmonie, au Conservatoire, et orchestrera un prélude du « fils des étoiles » (partition perdue).

En 1895, Debussy orchestre ses « 1ère et 3ème Gymnopédies ».

En 1898, il quitte Montmartre pour s’installer à Arcueil-Cachan

En 1903, Debussy lui ayant conseillé de soigner la forme, il compose « 3 morceaux en forme de poire », comportant en fait 7 pièces.

En 1905, Il s’inscrit à la Schola Cantorum pour y étudier le contrepoint avec Vincent d’Indy. Il y est accueilli par Albert Roussel. Il en sort diplômé en 1908.


Sports et Divertissements (1914)

(Afficher en plein écran pour apprécier les textes)

Ces pièces étaient destinées à illustrer musicalement un album de dessins de Charles Martin que l’on peut trouver ici : gallica.bnf.fr

En 1914, il rencontre Jean Cocteau qui l’entraîne, en 1916, dans la composition d’un ballet, « Parade », avec décors et costumes de Picasso et un argument de Cocteau, qui sera donné en 1917 par les Ballets Russes au Châtelet, suscitant un grand « succès de scandale ».

A partir de 1915, il se consacre à la composition de son chef-d’œuvre néo-classique « Socrate ».

En 1917, il fonde le groupe des « Nouveaux Jeunes » qui comprend Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger et Germaine Tailleferre et qui, sous l’égide de Jean Cocteau et complété de Darius Milhaud et Francis Poulenc, deviendra en 1920 le « Groupe des Six », en réaction contre le wagnérisme et l’impressionnisme.

Il invente la « musique d’ameublement » destinée dit-il à « adoucir le bruit des couteaux, des fourchettes, de meubler les silences entre convives et de neutraliser les bruits de la rue ».

En 1919, il rencontre Tristan Tzara avec qui il découvre le dadaïsme.

Cette même année, une lecture privée de son « Socrate » réunit Braque, Claudel, Cocteau, Derain, Fargue, Gide, Picasso, Poulenc, Stravinsky et Valery. La première en version orchestrale a lieu en juin 1920.

En 1923, il fait connaissance des futurs membres de l’Ecole d’Arcueil : Roger Désormière, Max Jacob, Henri Sauguet et Henri Cliquet-Pleyel.

En 1924, il tourne avec le dadaïste Picabia dans l’entracte cinématographique de « Relâche », « Entr’acte » de René Clair, puis c’est la première de « Relâche » en décembre au théâtre des Champs Elysées.

Erik Satie meurt le 1er juillet 1925.

 

On trouvera une biographie plus détaillée sur erik-satie.com

 

Erik Satie vu par ses contemporains :
Virgil Thomson, Jean Cocteau, Francis Poulenc,
Germaine Tailleferre, Georges Auric, Pierre Bertin.

 

 

Suzanne Valadon par Erik Satie

Erik Satie par Suzanne Valadon

Tout Satie en 10 CD


L'intégrale pour piano,
par Aldo Ciccolini

 

Les plus belles œuvres d’Erik Satie

 

Musique pour piano :

        Ogives (1886)

        3 Sarabandes (1887)

        3 Gymnopédies (1888)

        3 Gnossiennes (1890)

        3 Sonneries de la Rose+Croix (1892)

        2 Pièces froides (1897)

1-  Airs à faire fuir

2-  Danses de travers

        Sports et Divertissements (1914, 21 courtes pièces)

        Avant-dernières pensées (1915)

        5 nocturnes (1919)

Musique pour piano à 4 mains :

        3 morceaux en forme de poire (1903)

        La belle excentrique (1920)

Musique de scène :

        Le fils des étoiles (3 préludes, 1891 : flûte et harpe, 1896 : piano)

        Geneviève de Brabant (1899, petit opéra pour marionnettes)

        Parade (1917, Ballet réaliste en un tableau)

        Mercure (1924, poses plastiques en 3 tableaux)

        Relâche (1924, Ballet « instantanéiste » en 2 actes)

Mélodies :

        3 mélodies (1886)

        4 mélodies (1902)

                Poudre d’or

                Tendrement

                Je te veux

                La diva de l’empire

Musique d’ameublement :

        Tenture de cabinet préfectoral

        Tapisserie en fer forgé

        Carrelage phonique

La messe des pauvres (1895)

Socrate (1920, drame symphonique avec 4 voix, sur les « Dialogues » de Platon).

 

On trouvera le catalogue des œuvres d'Erik Satie ainsi que de nombreuses partitions (en cliquant sur les titres) sur Musicologie.

 

 

 

 

 

Impressionnistes et symbolistes

 

Vers la fin du 19ème siècle apparurent à Paris de nouveaux courants artistiques dont les plus connus furent la peinture impressionniste et la poésie et la peinture symbolistes. Des musiciens, tels Erik Satie et Claude Debussy, se réclamèrent des mêmes courants de pensées, suivis entre autres par Maurice Ravel et Albert Roussel.

L’idée de la musique impressionniste est d’évoquer la nature par l’utilisation du timbre des instruments, c’est-à-dire par ce qui se rapproche le plus de la couleur, ainsi que par des combinaisons harmoniques raffinées et l’utilisation de gammes modales archaïques et orientales.

L’évocation de l’eau en particulier y est très présente. (La mer, Nuages, , , , ... par Claude Debussy, , , , … par Maurice Ravel, , par Albert Roussel).

 

 

 

Claude Debussy (1862-1918)

 

Claude Debussy (1862-1918) est considéré par beaucoup comme le plus grand compositeur du 20ème siècle. D’abord wagnérien dans les années 1888-1889 où il se rend à Bayreuth, il devient vite anticonformiste après sa rencontre avec Erik Satie et les poètes symbolistes tels que Stéphane Mallarmé et Maurice Maeterlinck.

Bien qu’il ait toujours refusé ce titre, Claude Debussy est considéré comme le père de l’impressionnisme musical français. Son est considéré par beaucoup comme le début de la musique moderne.

Plusieurs compositeurs se sont réclamés de l’héritage de Debussy comme Boulez ou Dutilleux.

 

Biographie

 

Achille-Claude Debussy est né le 22 août 1862 à Saint-Germain-en-Laye.

Il prend ses premières leçons de musique en 1870 dans le Sud chez sa tante, où il est réfugié pendant la guerre.

Remarqué enfant par la belle-mère de Verlaine, pianiste de talent, celle-ci le prépare à entrer au Conservatoire de Paris où il est admis en 1872 (à l’âge de 10 ans).

Il compose ses premières mélodies en 1879 sur des textes d'Alfred de Musset.

En été 1880, il est engagé par Nadezhda von Meck (la mécène de Tchaïkovski), pour apprendre à ses enfants à jouer des duos avec elle. Il la rejoint en Suisse puis séjourne avec la famille à Arcachon, puis à Florence, où il compose son « trio pour piano ».

A son retour, il s’inscrit dans une classe de composition ainsi que dans la classe d’orgue de César Franck, puis il rejoint, en 1881 pour deux mois, Madame von Meck en Russie.


Debussy en 1884

Après avoir échoué aux éliminatoires du Prix de Rome en 1882, puis obtenu le second prix avec sa cantate « Le Gladiateur » en 1883, il obtient le premier prix de Rome en 1884 avec sa cantate « L’Enfant prodigue ». De ce fait, il séjourne à la villa Médicis où il compose entre autres la suite symphonique « Printemps » et « La damoiselle élue ».

Supportant mal son exil, il démissionne du conservatoire au bout de deux ans et rentre à Paris où il mènera jusqu’en 1892, la vie de bohème avec sa compagne Gabrielle Dupont dite « Gaby aux yeux verts ».

Il fréquente régulièrement les poètes symbolistes et le milieu littéraire d’avant-garde, notamment Mallarmé et Pierre Louÿs et se lie également avec le compositeur Ernest Chausson, fervent admirateur de Wagner.

A deux reprises, en 1888 et 1889, il se rend à Bayreuth où il s’enthousiasme pour la musique de Wagner, qu’il rejettera violemment plus tard.

Lors de l’exposition universelle de 1889, il est séduit par les rythmes et les sonorités d’Extrême-Orient, en particulier par le gamelan javanais. Cette même année, il épouse Marie-Rosalie (dite Lilly) Texier.

En 1902, il crée son opéra « Pelléas et Mélisande », composé en 1895 sur un livret de Maeterlinck mais pas encore joué. Cet opéra sera d’abord très critiqué avant d’être célébré et joué dans le monde entier.

 

Pelléas et Mélisande


L’argument


Scène de la fontaine des aveugles.

 

En 1903, Il débute une relation avec Emma Bardac, née Moyse, épouse d’un banquier et ancienne maîtresse de Gabriel Fauré, qu’il rejoint à Pourville en 1904. Cette relation fait scandale, et provoque la tentative de suicide de Lilly Texier. L’année 1905 voit la création de « La Mer » et la naissance de sa fille Emma-Claude, dite Chouchou. C'est pour elle qu'il composera, en 1908 « Children’s corner », suite de six pièces pour piano.
Cette même année 1908, il épouse Emma Moyse.


Debussy à Pourville

Debussy et sa fille Chouchou

 

En 1909, il souffre des premiers symptômes d’un cancer qui l'emportera neuf ans plus tard.

En 1910, Diaghilev l’invite à travailler avec D'Annunzio sur le « Martyre de saint Sébastien », œuvre en forme d'oratorio que créent les Ballets russes en 1911.

En 1912, Nijinski chorégraphie le « Prélude à l’après-midi d’un faune » puis, en 1913, le ballet « Jeux » commandé par Diaghilev.

En mars 1917 Debussy termine la composition de la « sonate pour violon ».

Il meurt à Paris le 25 mars 1918. Sa fille Chouchou meurt de la diphtérie l’année suivante, le 14 juillet 1919

 

On trouvera une biographie illustrée sur le site du Centre de documentation Claude Debussy

 

Les plus belles œuvres de Claude Debussy

 

Opéra :

        Pelléas et Mélisande (1902)

                   Le début de l’acte II : A la fontaine des aveugles

                   Extrait de l’acte IV : La mort de Pelléas.

Musique pour orchestre :

        Prélude à l’après-midi d’un faune (1894)

        La mer (1905)

        Nocturnes (1899)

                   1 - Nuages

                   2 - Fêtes

                   3 - Sirènes

        Images pour orchestre (1912)

Musique pour piano :

        Petite suite, pour piano à 4 mains (1889)

        Suite bergamasque (1890-1905)

                   1 - Prélude

                   2 - Menuet

                   3 - Clair de lune

                   4 - Passepied

        Estampes (1903)

        L’Isle Joyeuse (1904)

        Images (1904-1907)

        Children’s corner (1908)

        Préludes (1912)

Musique de chambre :

        Quatuor à cordes en sol mineur (1893)

        Syrinx, pour flûte (1913)

        Sonate pour violoncelle et piano (1915)

        Sonate pour flûte, alto et harpe (1915)

        Sonate pour violon et piano (1917)

Musique lyrique :

        L’enfant Prodigue (cantate sacrée, 1884)

        La Damoiselle élue (cantate, 1888)

        Le Martyre de saint Sébastien (mystère en 5 actes, 1911)

Musique de ballet :

        Jeux (1912)

        La boite à joujoux (1913)

Mélodies:

        Fêtes galantes (d’après Verlaine, 1891-1904)

        Trois chansons de Bilitis d’après Pierre Louÿs (1899)

        Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé (1913)

 

On trouvera le catalogue des œuvres de Claude Debussy ainsi que de nombreuses partitions (en cliquant sur les titres) sur Musicologie,

 

ainsi que sur musiqueorguequebec.

Tout Debussy
en 18 CD

Tout le piano
en 4 CD

 

 

 

 

Maurice Ravel (1875-1937)

 

Après son aîné Claude Debussy, Ravel est le compositeur le plus influent de la musique française de son époque et le principal représentant du courant impressionniste du début du 20ème siècle. En près de 40 ans, il ne compose qu’une centaine d’œuvres dans des genres très différents : chacune de ses œuvres est une composition unique, originale et parfaitement aboutie, souvent inspirée par l’Espagne (le , , la …), par l’Orient ( , …)  et aussi par le jazz (par exemple dans , la , le ).

Biographie

 

Maurice Ravel est né le 7 mars 1875 à Ciboure (Pyrénées-Atlantiques).

Peu après sa naissance, sa famille s’installe à Paris où il commence des études de piano à l'âge de six ans, puis acquiert ses premières notions d'harmonie et de contrepoint.

Il entre au 1889 au Conservatoire de Paris, où il suit des cours de piano, de contrepoint et d’harmonie et où il se lie d'amitié avec le pianiste espagnol Ricardo Viñes.

En 1894, par l'intermédiaire de son père, il rencontre Erik Satie au café de la Nouvelle Athènes.

En 1898, il entame des études de composition avec Gabriel Fauré, et publie ses premières œuvres.

En 1900, Maurice Ravel se joint à un groupe d'artistes appelé « Les Apaches », qui mène des activités dans tous les domaines artistiques et se scinde en 1914. Ravel y côtoie son ami Ricardo Viñes, Maurice Delage, André Caplet, Florent Schmitt, Manuel de Falla, Igor Stravinsky ainsi que Nijinski et Serge Diaghilev.

En 1901, il se présente au prix de Rome et obtient le deuxième prix. Cette même année, inspiré par Liszt, il compose « Jeux d’eau ».

Il se représente sans succès au prix de Rome en 1902, 1903 et 1905, échecs sans doute liés à son modernisme et à son admiration pour Erik Satie.

En 1907, il compose la « Rhapsodie espagnole », puis en 1908, son chef d’œuvre pianistique « Gaspard de la nuit ».

En 1910, Maurice Ravel et ses amis Charles Kœchlin et Florent Schmitt fondent la Société Musicale Indépendante (SMI) :

 

La Société Musicale Indépendante (SMI)

En 1910, des compositeurs indépendants, dont Maurice Ravel (membre de la SNM depuis 1903) et ses amis Charles Kœchlin et Florent Schmitt, ne supportent plus la dictature imposée par la SNM, alors dirigée par Vincent d'Indy, et ses membres issus de la Schola Cantorum, souvent hostiles à leurs œuvres. Ils fondent alors une nouvelle société de musique : la Société Musicale Indépendante (SMI) dont le principal objectif sera de promouvoir la musique contemporaine sans restriction de forme, de genre ou de style.

La SMI sera concurrente de la SNM jusqu’en 1935.

 

En 1911, Ravel participe, sur l'initiative de son ami le musicologue Édouard Ganche, à la création de la Société Chopin dont la vocation est de contribuer au rayonnement de l'œuvre de Chopin. Cette même année voit la création de son opéra « L’heure espagnole ».

En 1912, « Daphnis et Chloé », commandé par Diaghilev, est créé aux Ballets russes dans les décors de Bakst et la chorégraphie de Fokine, avec Nijinski et Karsavina dans les deux premiers rôles.


Maurice Ravel avec Vaslav Nijinsky
et Bronislava Nijinska à Paris en 1914.

En 1913, il soutient le « Sacre du printemps » de Stravinsky lors de sa création tumultueuse à Paris. Inspiré par le « Pierrot Lunaire » de Schönberg, il compose les « Trois poèmes de Mallarmé »

En 1914, à la déclaration de la guerre, il tente en vain de se faire incorporer; il est finalement accepté à l'armée le 14 mars 1916 comme chauffeur de camion.

En 1917, il compose le « Tombeau de Couperin », suite dont chaque pièce est dédiée à l'un de ses camarades tombé au front.

Après la mort de Debussy en 1918, Ravel est considéré, surtout à l’étranger, comme le plus grand compositeur français vivant.

En 1920, il est proposé à l'ordre de la Légion d'Honneur qu'il refuse, ce dont Satie s’amusa dans une célèbre boutade :
« Ravel refuse la Légion d’Honneur, mais toute sa musique l’accepte  ».

Cette même année, il publie « La Valse », commandée par Diaghilev.

Ravel se fixe à Montfort-L’Amaury en 1921.

 Sa maison, « le Belvédère », devient rapidement le point de ralliement de ses amis musiciens et artistes.

En 1922, il orchestre les « Tableaux d'une exposition » de Moussorgski.

En mars 1925, il crée à Monte-Carlo « L'enfant et les sortilèges » sur un texte de Colette.

 

L’enfant et les sortilèges

Tout Ravel en 14 CD

 

 

Tout le piano en 2 CD

 

En 1928 son « Boléro », commandé par son amie Ida Rubinstein pour un « ballet de caractère espagnol », est créé à l'Opéra de Paris.

Ravel avec Marguerite Long

Il effectue une longue tournée au Canada et aux États-Unis où il rencontre le compositeur américain George Gershwin.

Le 27 novembre 1931, le pianiste Paul Wittgenstein (amputé du bras droit) crée le « Concerto pour la main gauche » à Vienne, et le 14 janvier 1932, le « Concerto en sol » est créé par Marguerite Long à la Salle Pleyel de Paris.

À partir de l’été 1933, Ravel commence à présenter les signes d’une maladie neurologique qui va le condamner au silence pour les quatre dernières années de sa vie.

En 1937, une opération chirurgicale est tentée. Il tombe onze jours dans le coma à la suite de l'intervention, et décède le 28 décembre.

 

On trouvera une biographie complète ici : fr.academic.ru

 

Les plus belles œuvres de Maurice Ravel

 

Musique pour orchestre :

        Boléro (1928)

        Rhapsodie espagnole (1907)

        La Valse (1920)

Pièces pour piano orchestrées :

        Pavane pour une infante défunte (1910)

        Ma Mère l’Oye (1912)

        Valses nobles et sentimentales (1912)

        Alborada del gracioso (des Miroirs) (1918)

        Le Tombeau de Couperin (1919)

        Menuet antique (1929)

Œuvres concertantes :

        Tzigane, pour violon et orchestre (1924)

        Concerto pour la main gauche, pour piano et orchestre (1930)

        Concerto en sol, pour piano et orchestre (1931)

Musique pour piano :

        Pavane pour une infante défunte (1899)

        Jeux d’eau (1901)

        Miroirs (1905)

                 1. Noctuelles
                   2.
Oiseaux tristes
                   3.
Une barque sur l'océan
                   4.
Alborada del gracioso
                   5.
La vallée des cloches

        Sonatine (1905)

        Ma Mère l’Oye (1908)

        Gaspard de la nuit (1908)

                 1. Ondine
                   2.
Le gibet
                   3.
Scarbo

        Valses nobles et sentimentales (1911)

        Le Tombeau de Couperin (1917)

Musique de chambre :

        Sonate pour violon et piano n°2 (1927)

        Trio avec piano (1914)

        Quatuor à cordes (1902)

        Introduction et allegro

                pour harpe, flûte, clarinette et quatuor à cordes (1906)

Musique lyrique :

        L’Heure espagnole (1907)

        L’Enfant et les Sortilèges (1925)

Musique de ballet :

        Daphnis et Chloé (1912)

                 suite n°1
                 suite n°2

Mélodies:

        Shéhérazade (1904)

        Histoires naturelles (1906)

        Trois poèmes de Mallarmé (1913)

Orchestrations :

        Carnaval, de Robert Schumann (1914)

        Tableaux d’une exposition, de Moussorgski (1922)

 

On trouvera le catalogue des œuvres de Ravel ici : musiqueorguequebec

 

 

 

 

Albert Roussel (1869-1937)

 

Albert Roussel s’inscrit d’abord dans la lignée des compositeurs impressionnistes, avant de trouver son propre style, qu’il définit comme « Une musique voulue et réalisée pour elle-même, affranchie de tout élément pittoresque et descriptif. »

Sa musique allie le langage harmonique moderne à la forme classique, et influence de nombreux jeunes musiciens de son époque dont Bohuslav Martinů (1890-1959) qui lui dédicacera sa « Sérénade pour orchestre de chambre » en 1930.

Biographie

 

Albert Roussel est né le 5 avril 1869 à Tourcoing.

D’abord officier de marine, il se consacre entièrement à la musique à partir de 1894.

En 1898, il s'inscrit à la Schola Cantorum où il suit les cours d'orchestration de Vincent d'Indy. En parallèle, il y enseigne le contrepoint de 1902 à 1913, et a pour élèves Erik Satie, Edgard Varèse et Roland-Manuel.

En 1909, son voyage de noces aux Indes et au Cambodge lui inspire les « Évocations » (1911).

En 1913, il compose son œuvre la plus célèbre, le ballet « Le Festin de l'Araignée », d'après les « Souvenirs entomologiques » d'Henri Fabre.

En 1914 il s'engage dans l'armée de terre.

En 1918 il s'installe à Perros-Guirec, où il achève son opéra « Padmâvati » commencé avant la guerre.

Il crée le « Psaume LXXX » en 1929 pour son soixantième anniversaire.

En 1930, sa « 3e Symphonie » est créée aux États-Unis, et en 1931 son ballet « Bacchus et Ariane » est créé à Paris.

 

Bacchus et Ariane

L’intégrale des œuvres orchestrales en 4 CD


Suite n°1


Suite n°2

 

En 1936, à la suite d'une crise cardiaque, il s’installe à Royan où il meurt le 23 août 1937.

 

On trouvera une biographie sur la Philharmonie de Paris, et une autre sur symphozik.

 

Les plus belles œuvres d’Albert Roussel

 

Musique de ballet :

        Le Festin de l’Araignée (1913)

        Bacchus et Ariane (1931)

 

Musique symphonique :

        Evocations (1911)

        Suite en fa (1926)

        Concerto pour piano (1927)

        Petite suite (1929)

        Psaume LXXX  pour ténor solo, chœur et orchestre (1929)

        Symphonie n°3 op. 42 (1930)

        Sinfonietta (1934)

 

Opéra-ballet :

        Padmavati (1923)

 

Musique de chambre :

        Suite pour piano op.14 (1910)

        Sérénade pour flûte, trio à cordes et harpe op.30 (1925)

        Trio n°2 pour flûte, alto et violoncelle op.40 (1929)

 

On trouvera le catalogue des œuvres d’Albert Roussel sur Musicologie.

 

 

 

Florent Schmitt (1870-1958)

 

Bien qu’il ait côtoyé Debussy, Schoenberg et Stravinsky, Florent Schmitt, grâce à sa forte personnalité, a su rester indépendant et se garder de l’influence de ces compositeurs.

On considère aujourd’hui qu’il a marqué l’histoire de la musique française de la première moitié du 20ème siècle, au même titre que Debussy, Ravel et Roussel.

Biographie

 

Florent Schmitt est né le 28 septembre 1870 à Blâmont (Meurthe-et-Moselle).

Il étudie à Nancy puis entre, en 1889, au conservatoire de Paris où il est élève de Massenet et de Fauré.

En 1892, il fait la connaissance de Debussy et se lie avec E. Satie.

Après quatre échecs (1896-1899), il obtient le prix de Rome en 1900 avec sa cantate « Sémiramis ».

En 1904, il obtient un franc succès avec la création de son « Psaume XLVII ».

Marqué dans sa jeunesse par les mouvements symboliste et impressionniste, il trouve une source d’inspiration dans l’orientalisme, très apprécié à son époque, d’abord avec son poème symphonique « La Tragédie de Salomé » (1907), puis avec « Antoine et Cléopâtre » (1920), « Salammbô » (1925) et « Oriane et le Prince d’Amour » (1938). Dédicataire de « La tragédie de Salomé », Igor Stravinski dira de cette œuvre : « Elle m'a donné une plus grande joie qu'aucune autre œuvre que j'aie entendue depuis longtemps ».

Membre du groupe d'artistes « Les Apaches », Florent Schmitt est cofondateur en 1909 de la Société musicale indépendante (SMI) avec Maurice Ravel et Charles Kœchlin.

La tragédie de Salomé
et le Psaume XLVII

De 1921 à 1924, il dirige le conservatoire de Lyon.

En 1936, il est nommé membre de l'Académie des Beaux-Arts.

De 1938 à 1958, il préside la Société Nationale de Musique (SNM).

En 1957, il reçoit le Grand Prix musical de la ville de Paris.

 

Il meurt à Neuilly-sur-Seine le 17 août 1958.

 

Les plus belles œuvres de Florent Schmitt

 

Psaume XLVII (1904)

Quintette pour piano (1908)

Rêves  pour orchestre (1915)

La tragédie de Salomé, ballet et suites symphoniques (1911-1920)

Antoine et Cléopatre, suites symphoniques (1920)

Le Petit Elfe Ferme-l'œil, ballet et suite orchestrale (1924)

Symphonie Concertante pour piano et orchestre (1932)

Quatuor à cordes (1947)

Quatuor de saxophones (1948)

Deuxième Symphonie (1958)

 

  On trouvera le catalogue complet des œuvres de Florent Schmitt sur IMSLP.org

 

 

 

Charles Kœchlin (1867-1950)

 

A l’instar des musiciens impressionnistes, Charles Kœchlin (prononcez Kéklin) était passionné par la nature.

Ainsi qu'il l'a noté lui-même, son évolution s'est faite « dans le sens du grand mouvement vers la liberté d'écriture de Franck et de Chabrier, de Fauré, puis de Debussy, puis enfin des musiques polytonales et atonales ».

Biographie

 

Charles Kœchlin est né le 27 novembre 1867 à Paris.

Il entre à l’école polytechnique en 1887.

Atteint de la tuberculose, il interrompt ses études pour se consacrer entièrement à la musique et entre au Conservatoire de Paris en 1889, où il est élève de Massenet et de Fauré.

Il est apprécié par son maître Gabriel Fauré qui lui confie l'orchestration de la musique de scène de « Pelléas et Mélisande ». Il est aussi apprécié par Claude Debussy dont l’éditeur lui demande d'achever son ballet « Khamma ».

Passionné par la photographie, il fait l’acquisition en 1897 d’un appareil photographique stéréoscopique, et fera au cours de sa vie plus de 3000 photos stéréoscopiques.

En 1910 il est cofondateur, avec Maurice Ravel et Florent Schmitt, de la Société Musicale Indépendante (SMI), dont le but est de promouvoir la musique contemporaine.

 

Le livre de la jungle

A partir de 1917, il enseigne la composition, ayant entre autres élèves Francis Poulenc et Henri Sauguet.

En 1920, il rejoint le groupe « Les Nouveaux Jeunes », précurseur du « Groupe des Six ».

Il est l’auteur de plusieurs traités dont un traité d’orchestration en 4 volumes publié en 1943.

Charles Kœchlin meurt au Rayol-Canadel (Var) le 31 décembre 1950.

 

On trouvera une biographie plus complète sur Musicologie.

 

Les principales œuvres de Charles Kœchlin

 

Charles Kœchlin est l’auteur d’une œuvre importante comme on peut le constater sur cette liste des œuvres, comportant 225 numéros d'opus.

Voici quelques-unes de ses œuvres les plus caractéristiques :

 

Le Livre de la jungle d'après Kipling (1899-1939)

            (Illustré par François Boucq)

Quintette pour piano (1921)

         (Kœchlin considérait ce quintette comme la plus marquante de ses œuvres).

Vers la voûte étoilée, Nocturne pour orchestre (1923)

Seven Stars' Symphony (1933)

         (Cette suite symphonique se compose de sept pièces portant chacune le nom d'une star du cinéma de l'époque : Douglas Fairbanks, Lilian Harvey, Greta Garbo, Clara Bow, Marlène Dietrich, Emil Jannings et Charlie Chaplin.)

L'Offrande musicale sur le nom de Bach (1942)

         (Suite de douze pièces pour diverses formations instrumentales)

Le buisson ardent, poème symphonique (1945)

Le Docteur Fabricius, poème symphonique (1946)

 

 

 

 

 

Le groupe des six

 

Le « Groupe des Six » a été initié par Erik Satie qui fonda en 1917 le groupe des « Nouveaux Jeunes » comprenant Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger et Germaine Tailleferre.

Le Groupe des Six, reconstitué en 1957 autour de Jean Cocteau assis au centre : à gauche Arthur Honegger, à droite Darius Milhaud.

Debout de gauche à droite : Francis Poulenc, Germaine Tailleferre, Georges Auric, Louis Durey.

Inspiré par Erik Satie, Jean Cocteau publie en 1918 « Le Coq et l’Arlequin », sorte de manifeste musical contre le wagnérisme et la musique impressionniste de Claude Debussy et Maurice Ravel. C’est à la suite d’une réunion de musiciens rassemblant Darius Milhaud, Francis Poulenc, Arthur Honegger, Georges Auric, Germaine Tailleferre et Louis Durey autour de Jean Cocteau, que le critique musical Henri Collet imposa l’appellation du « Groupe des Six » dans deux articles parus dans « Comœdia » les 16 et 23 janvier 1920, faisant référence au « Groupe des Cinq » russe.

Si les Six ont en commun d’adhérer au manifeste antiwagnérien et anti-impressionnisme de Jean Cocteau, ils n’en sont pas moins très différents dans leurs styles et peuvent difficilement se réclamer d’une même école.

Le « Groupe des Six » a produit 2 œuvres collectives : « L’album des Six » pour piano en 1920 et le ballet « Les Mariés de la tour Eiffel » en 1921 sur un argument de Jean Cocteau.

Dès 1922, Erik Satie considère qu’il n’y a pas de « Groupe des Six » mais « six musiciens de talent, indépendants et dont l’existence indépendante et individuelle est incontestable, quoi qu’on en dise ou fasse ».

Le groupe se disloque en 1923 avec le départ de Louis Durey en désaccord à propos de Ravel, mais il se retrouve au moins tous les 10 ans pour un traditionnel anniversaire, prétexte à diverses manifestations musicales. L'esprit du Groupe des Six a si bien survécu à ses membres que vingt ans après la mort du dernier d'entre eux, enfants et amis continuaient de se fréquenter.

 

Le « Groupe des Six », évoqué par Francis Poulenc.

 

 

 

Francis Poulenc (1899-1963)

 

Francis Poulenc est né le 7 janvier 1899 à Paris.

Sa mère lui apprend le piano dès l'âge de cinq ans.

En 1912, il rencontre Erik Satie chez Roland Manuel.

À partir de 1915, il se perfectionne auprès de Ricardo Viñes, qui lui fait rencontrer outre Erik Satie, Claude Debussy et Maurice Ravel, ainsi que le jeune Georges Auric que Poulenc considèrera comme son « frère jumeau ».

Il fait aussi la connaissance des poètes d’avant-garde, tels que Jean Cocteau, Guillaume Apollinaire, Max Jacob et Paul Éluard, dont il mettra de nombreux textes en musique.

En 1917, lors d’un concert « avant-gardiste » au théâtre du Vieux-Colombier, sa « Rapsodie nègre » rencontre un certain succès, en particulier auprès d’Igor Stravinsky qui l’aide à publier ses premières œuvres.

En 1918, il compose « Le Bestiaire » ou « Cortège d'Orphée » sur des poèmes d'Apollinaire.

En 1920, il prend part à la création du « Groupe des Six » et participe à l’œuvre collective du groupe « Les mariés de la Tour Eiffel », ballet sur un livret de Cocteau créé en 1921.

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Francis Poulenc avec

Erik Satie et Darius Milhaud.

De 1921 à 1924, il étudie la composition avec Charles Kœchlin.

En janvier 1924, il fait un triomphe à Monte-Carlo avec son ballet « Les Biches » commandé par Serge Diaghilev pour les Ballets russes dans une chorégraphie de Nijinska et des décors et des costumes de Marie Laurencin.

En 1926, il rencontre le baryton Pierre Bernac qui devient rapidement son interprète fétiche pour ses chansons et mélodies.

En 1927, il fait l’acquisition du « grand coteau », une maison en Touraine qui lui permet de s’isoler pour composer.

En 1932, il compose son magnifique concerto pour 2 pianos, dans lequel on retrouve l’influence du jazz ainsi que du concerto en sol de Ravel et du concerto n°21 de Mozart.

En 1936, après avoir appris la mort de son ami et compositeur Pierre-Octave Ferroud, il fait un pèlerinage à Rocamadour et compose à sa mémoire les « Litanies à la Vierge noire ». Cet évènement le rapproche alors de la foi catholique qui influencera durablement sa musique. C’est ainsi qu’un critique qualifiera Poulenc de « Moine ou voyou », mettant en contraste ses œuvres insouciantes et fantaisistes telles que «  , ou encore «  , et ses œuvres religieuses plus graves telles que le «  , ou les «  ,

En 1942 le ballet « Les animaux modèles » est créé  à l'Opéra de Paris avec une chorégraphie de Serge Lifar.

En 1948, il donne son premier récital aux Etats-Unis avec le baryton Pierre Bernac. Il y rencontre la soprano Leontyne Price et le compositeur Samuel Barber.

De 1953 à 1956, il compose les « Dialogues des carmélites », opéra qui sera créé en italien à la Scala de Milan en janvier 1957 puis en français en juin à Paris.

Il meurt à Paris le 30 janvier 1963.

 

On trouvera tout sur Francis Poulenc, sur ce site qui lui est consacré : poulenc.fr

 

Les plus belles œuvres de Francis Poulenc

 

Musique pour orchestre

et ballets :

        Les Biches, ballet en un acte avec chœur sur des paroles du 17ème siècle (1923) et suite (1940).

        Les Animaux modèles, ballet en un acte d’après les Fables de La Fontaine (1941) et suite (1942).

        Sinfonietta (1947)

Rideau de scène pour « Les biches » par Marie Laurencin.

Œuvres concertantes :

        Concert champêtre (1927-28) pour clavecin et orchestre

        Concerto pour 2 pianos en ré mineur (1932)

        Concerto pour orgue en sol mineur (1938)

Œuvres lyriques :

        Figure Humaine (1943), Cantate pour chœur mixte

                sur un texte de Paul Eluard

        Les Mamelles de Tirésias (1944)

                Opéra bouffe, sur un texte de Guillaume Apollinaire

        Dialogues des Carmélites (1953-55)

                Drame lyrique sur un livret de Georges Bernanos

        La Voix humaine (1958)

                Tragédie lyrique sur un livret de Jean Cocteau.

        La Dame de Monte-Carlo (1961)

                Monologue sur un poème de Jean Cocteau.

Musique religieuse :

        Litanies à la Vierge noire (1936) (Notre-Dame de Rocamadour)

                pour chœur de femmes et orgue

        Stabat Mater (1950)

                pour Soprano solo, chœur mixte à 5 voix et orchestre

        Gloria (1959)

                pour Soprano, chœur mixte et orchestre

Chant et piano :

        Le bestiaire ou Cortège d’Orphée (1919)

                Poèmes de Guillaume Apollinaire

        Histoire de Babar le petit éléphant (1940-45)

                Texte de Jean de Brunhoff pour piano et récitant

        Et plus de 140 mélodies.

Musique de chambre :

        Sonate pour violoncelle et piano (1949)

        Sonate pour flûte et piano (1957)

        Sonate pour hautbois et piano (1962)

        Sonate pour clarinette et piano (1962)

 

 


Les Chemins de l’amour (1940)
Valse chantée tirée de la pièce de Jean Anouilh

Tout Poulenc en 20 CD

 

On trouvera ici le catalogue des œuvres de Poulenc.

 

 

 

Darius Milhaud (1892-1974)

 

Darius Milhaud se définit comme « Musicien français de Provence et de religion israélite », double appartenance qui inspirera un certain nombre de ses compositions ( ). Son œuvre est caractérisée par la polytonalité, la polyrythmie et l’influence de la musique brésilienne ( , ), et du jazz ( ).

Biographie

 

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Darius Milhaud est né le 4 septembre 1892 à Marseille.

En 1909, il entre au Conservatoire de Paris où il travaille avec Charles Widor, Paul Dukas et Vincent d'Indy et se lie d’amitié avec Arthur Honegger.

Il fait aussi la connaissance de poètes et d’écrivains dont, en 1912, Paul Claudel dont il mettra des textes en musique.

Ses premières compositions, déjà avant-gardistes, intègrent la polytonalité dès 1915.

De 1917 à 1918, Paul Claudel l’emploie comme secrétaire à l’ambassade de France au Brésil, à Rio de Janeiro, où il découvre les musiques sud-américaines qui influenceront notablement son œuvre.

En 1920, il est associé par le critique Henri Collet au « Groupe des Six ». Le goût de Jean Cocteau pour le music-hall et le cirque lui inspire son œuvre la plus célèbre,  .

 

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Le bœuf sur le toit

Le « bœuf sur le toit » est un ballet écrit par Darius Milhaud sur un argument de Jean Cocteau avec des décors de Raoul Dufy.

Le titre et la musique sont inspirés d'une ancienne chanson brésilienne « O boi no telhado » (Le Bœuf sur le toit) que Milhaud découvrit dans les cabarets lors de son séjour au Brésil comme secrétaire d’ambassade de Paul Claudel.

En 1921, Jean Cocteau et son cercle fréquentaient le bar Gaya, rue Duphot à Paris, où Milhaud jouait au piano son « Bœuf sur le toit » avec ses amis Georges Auric et Arthur Rubinstein.

Lorsque le propriétaire du bar déménagea rue Boissy-d’Anglas, en décembre 1921, il renomma son bar « Le Bœuf sur le toit », sans doute pour s’assurer que Milhaud, Cocteau et leurs amis l’y suivraient, ce qu’ils firent. C’est du nom de ce bar que vient l’expression « faire un bœuf », qui désigne une séance musicale improvisée.

 

En 1922, Milhaud voyage aux Etats-Unis où il donne des concerts et des conférences dans les grandes universités et où il découvre le jazz.

En 1923, le ballet « La création du monde », sur un argument de Blaise Cendrars, est créé par les Ballets suédois, dans des décors de Fernand Léger.

Après son mariage en 1925, Milhaud voyage autour de la Méditerranée, en Russie et à nouveau aux USA, puis se consacre à la composition et à l’enseignement.

A partir de 1926, Milhaud souffre de plus en plus de terribles rhumatismes, qui finiront par en faire un infirme en fauteuil roulant vers la fin de sa vie.

En 1940, en tant que juif et « compositeur d’art dégénéré », il doit s’exiler aux États-Unis où on lui confie une chaire de composition.

De 1947 à 1962, il partage son temps entre son poste d’enseignant au Conservatoire de Paris et celui d’enseignant au Mills College à Oakland en Californie où Dave Brubeck, Philip Glass et Steve Reich suivent ses cours.

En 1971, il reçoit le Grand Prix international de la musique puis est élu à l’Académie des beaux-arts, l’année suivante.

Darius Milhaud meurt à Genève le 22 juin 1974.

 

Un site entièrement consacré à Darius Milhaud : lesamisdedariusmilhaud

 

Les plus belles œuvres de Darius Milhaud

Darius Milhaud est l’auteur de plus de 440 œuvres, dont 16 opéras (dont 3 opéras minute), 14 ballets, 12 symphonies, 20 concertos, 18 quatuors à cordes, de la musique pour piano et pour orgue, de la musique vocale, de la musique de film …

 

Voici quelques-unes de ses œuvres les plus populaires.

D. Milhaud en 10 CD

 

Ballets

Le Bœuf sur le toit (1919)

L’homme et son désir (1921)

La Création du monde (1923)

Le Train bleu (1924)

Musique symphonique

Saudades do Brasil (1921) suite de danses

Le carnaval d'Aix (1926) pour piano et orchestre

Suite provençale (1936)

Scaramouche (1937) pour saxophone alto et orchestre

Suite française (1948)

Musique pour piano

Saudades do Brasil (1921) pour piano

Scaramouche, suite pour deux pianos op. 165b (1937)

Musique de chambre

La Cheminée du roi René (1939) pour flûte, hautbois, clarinette, cor et basson

Suite pour violon clarinette et piano, op.157b (1936)

 

 

On trouvera ici le catalogue complet de ses œuvres : lesamisdedariusmilhaud

 

 

 

Arthur Honegger (1892-1955)

 

La musique d’Arthur Honegger est marquée par la double influence germanique de Bach, Beethoven et Wagner, et française de Debussy et Fauré. S’y mêlent tous les langages et les techniques musicales de son époque (tonalité, atonalité, polytonalité, chromatisme).

De nationalité suisse, Arthur Honegger nait au Havre le 10 mars 1892.

Il étudie d’abord au Conservatoire de Zurich puis, de 1911 à 1918, au Conservatoire de Paris où il rencontre Darius Milhaud et Jacques Ibert et a pour professeurs Charles-Marie Widor et Vincent d'Indy. Il y rencontre également, en 1916, la pianiste Andrée Vaurabourg qu’il épousera en 1926.

En 1917, il fait partie du groupe des « Nouveaux Jeunes », animé par Erik Satie, puis du « Groupe des Six », qui lui succède en 1920 autour de Jean Cocteau.

En 1918, il s’assure une certaine célébrité auprès du public parisien avec son ballet « Dit des Jeux du monde » qui suscite un scandale.

En 1921, il écrit en deux mois une de ses œuvres majeures, « Le Roi David », musique de scène pour laquelle il obtient un franc succès, et qu’il recréera à Paris en 1924, remaniée en oratorio.

En 1923 parait son œuvre la plus célèbre « Pacific231 ». Avec cette œuvre, il inaugure le mouvement « urbaniste », dans lequel s’inscriront  Prokofiev avec sa Symphonie no 2 dite « de fer et d’acier » (1925) et Alexandre Mossolov avec Fonderie d’acier (1927).

 


Pacific 231, mis en image par Jean Mitry en 1949
(La musique commence à 2'40)


Arthur Honegger en 1949
 

 

Pendant les années 1930, il compose de nombreuses musiques pour la radio et le cinéma.

Sa collaboration avec Paul Claudel en 1934 aboutit à l’oratorio « Jeanne d’Arc au bûcher » composé tout au long de l’année 1935 et créé avec succès en 1938, collaboration qui se renouvelle cette même année 1938 avec l’oratorio « La Danse des morts ».

En 1940, sous l’occupation allemande, il décide de rester à Paris où il enseigne à l’Ecole Normale de Musique. Les 3 mouvements de sa 2ème symphonie composée en 1941, évoquent la mort, le deuil et l’espoir de la libération.

En 1947, il entreprend une tournée aux Etats-Unis rapidement interrompue par des problèmes cardiaques qui l’immobiliseront pendant 3 mois avant qu’il ne puisse rentrer en France.

En 1953, il est nommé membre étranger de l’Académie des Beaux-arts puis, en 1954, grand officier de la Légion d'honneur.

Arthur Honegger meurt à Paris le 27 novembre 1955.

 

Les plus belles œuvres d’Arthur Honegger

 

 

Musique symphonique

Pacific 231, mouvement symphonique n°1 (1923)
Symphonie n° 2, (« de guerre », 1941)
Symphonie n° 3, (« liturgique », 1941)
Symphonie n° 4, (« Les délices de Bâle », 1946)
Symphonie n° 5, (« des trois ré », 1950)

Oratorios

Le Roi David, oratorio (1921)
Jeanne d’Arc au bûcher, oratorio (1935)

La Danse des morts, cantate sacrée (1938)

 

On trouvera une biographie et le catalogue des œuvres d’Arthur Honegger sur le site officiel très complet :

 

arthur-honegger.com


Les 5 symphonies,
Pacific 231, Rugby


Jeanne d'Arc
au Bûcher (DVD)

 

 

 

Autres compositeurs du Groupe des Six

Georges Auric (1899-1983)

 

Georges Auric est né à Lodève le 15 février 1899.

Il suit des cours de piano au Conservatoire de Montpellier puis entre en 1913 au Conservatoire national supérieur de Paris.

Enfant prodige, il écrit dès 14 ans un article sur Erik Satie qui, lui rendant visite, fut très surpris de l’âge du rédacteur.

En 1914, il étudie la composition avec Vincent d'Indy à la Schola Cantorum.

C’est à lui que Cocteau dédie, en 1918, « le Coq et l'Arlequin », manifeste musical du « Groupe des six » qui sera créé en 1920.

Georges Auric est surtout connu pour ses très nombreuses musiques de film, dont celles de « La Belle et la Bête » (1946) et « Orphée » (1950) de Jean Cocteau, « Moulin Rouge » (1952) de John Huston, « Notre-Dame de Paris » (1956) de Jean Delannoy, « La Grande Vadrouille » (1966) de Gérard Oury ….

Il a aussi écrit de la musique de ballets, dont « Les fâcheux » d’après Molière en 1923 et « Les Matelots » en 1924 pour les ballets russes de Diaghilev, « Phèdre », tragédie chorégraphique, en 1949.

De 1954 à 1978, il est président de la SACEM. 

En 1962, il est élu membre de l'Institut.

De 1962 à 1968, il est directeur de l'Opéra et de l'Opéra-Comique de Paris.

Georges Auric meurt à Paris le 23 juillet 1983.

 

Pour en savoir plus : Musicologie.org

 

 

Germaine Tailleferre (1892-1983)

 

Membre du « Groupe des Six », Germaine Tailleferre était, selon Jean Cocteau, une Marie Laurencin pour l'oreille.

 

Germaine Tailleferre est née le 19 avril 1892 à Saint-Maur-des-Fossés, en région parisienne. Elle fait preuve très tôt de dons musicaux, et commence à composer dès l’âge de 5 ans.

En 1904, elle entre au Conservatoire de Paris, où elle obtient de nombreux prix.

En 1917, Erik Satie, impressionné par sa pièce Jeux de plein air, l’intègre dans son groupe des « Nouveaux Jeunes », qui deviendra le « Groupe des Six » en 1920 autour de Jean Cocteau.

Elle travaille la composition, d’abord avec Kœchlin, puis de façon plus informelle avec Ravel qu’elle rencontre en 1919 et qu’elle fréquente jusqu’en 1930.

En 1920, elle compose sa Ballade pour piano et orchestre.

Ses mariages (en 1925 et en 1932), gênent le déroulement de sa carrière professionnelle, ses deux maris successifs la dissuadant de composer. Elle réussit néanmoins à composer de nombreuses œuvres pendant cette période, dont son Concertino pour harpe et orchestre en 1928, et en 1938, sa « Cantate du Narcisse », pour soprano, baryton, chœur de femmes et cordes, en collaboration avec Paul Valéry pour le texte.

En 1955, elle compose pour la radio une série de quatre mini-opéras bouffes réunis sous le titre « Du style galant au style méchant » : « La Fille d’opéra », « Le Bel Ambitieux », « La Pauvre Eugénie » et « Monsieur Petitpois achète un château ».

En 1957, elle expérimente le dodécaphonisme dans quelques compositions.

Pendant les années 1960, elle compose de nombreuses musiques de film.

En 1974, elle publie un livre autobiographique « Mémoires à l’emporte-pièce ».

En 1982, à 89 ans, elle écrit sa dernière œuvre importante, son « Concerto de la fidélité » pour voix aiguës et orchestre, qui est une révision de son concerto pour soprano de 1954.

Germaine Tailleferre continue d’enseigner la musique à l’Ecole Alsacienne à Paris jusqu’à 90 ans.

Elle meurt à Paris le 7 novembre 1983.

 

On trouvera le catalogue de ses œuvres sur Musicologie.org

Voir aussi la vidéo : Autour de l'affaire Tailleferre.

 
 
Louis Durey (1888-1979)

 

Louis Durey est né à Paris le 27 mai 1888 et mort à Saint-Tropez le 3 juillet 1979.

Diplômé de HEC, c’est l’écoute de « Pelléas et Mélisande » de Debussy en 1907 qui décide de sa vocation musicale.

En 1917, il participe avec Erik Satie, Georges Auric et Arthur Honegger à la création du groupe « Nouveaux jeunes » qui deviendra par la suite le « Groupe des Six » dont il sera le membre le plus âgé et le plus discret. Il se séparera de ses camarades du groupe en 1921, sans pour autant rompre les liens de franche amitié qui les unissaient.

Critique musical dans plusieurs journaux, il travaille aussi à l’édition de la musique ancienne française.

Engagé au Parti Communiste dans les années 1930, il participe activement à la résistance pendant la deuxième guerre mondiale.

Son œuvre musicale de 116 numéros d’opus comporte peu de musique symphonique, surtout de la musique de chambre et vocale.  Parmi ses œuvres, citons :

 

Pour chant et piano :

        Trois Poèmes de Pétrone : La métempsychose, La grenade, La boule de neige. (1918)

Pour piano :

        Trois Préludes op.26  (1920)

        Deux études op.29 : Eaux courantes, Eaux dormantes (1921)

        Six pièces de l'automne 53 op.75  (1953)

 

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